Une mise à l’arrêt liée au niveau du fleuve

La dernière tranche encore en production devait être déconnectée à 1h30 dimanche, heure locale, soit 23h30 GMT samedi, selon le message publié par le Premier ministre hongrois sur X peu avant l’opération. Peter Magyar a expliqué que cette décision résultait de la poursuite de la décrue du Danube, dont l’eau sert au refroidissement de la centrale.

Après cette réduction supplémentaire, la puissance disponible de Paks devait tomber à 240 MW, a précisé le dirigeant hongrois. Selon lui, la centrale devait être « complètement arrêtée pour la première fois en 44 ans », une formulation qui souligne le caractère inédit de l’épisode pour le système électrique hongrois.

Paks assure une part centrale de l’électricité hongroise

Implantée à une centaine de kilomètres au sud de Budapest, la centrale de Paks fournit environ 40% de la production annuelle d’électricité de la Hongrie. Ses quatre réacteurs, issus d’une technologie de l’ère soviétique, sont refroidis par de l’eau prélevée dans le Danube.

D’après la base PRIS de l’Agence internationale de l’énergie atomique, la Hongrie disposait au 25 juillet 2026 de quatre réacteurs nucléaires en fonctionnement à Paks, pour une puissance nette totale de 1 916 MW. Le profil pays publié par l’AIEA indique aussi que la centrale a produit 16,017 TWh d’électricité en 2024, soit approximativement la moitié de la production nationale cette année-là.

Le risque avait été signalé avant le week-end

L’exploitant de la centrale avait averti vendredi que le recul du Danube pourrait imposer un arrêt complet vers le milieu de la semaine suivante. Le gouvernement hongrois avait toutefois indiqué que cette opération pourrait être avancée au week-end, avant l’annonce de Peter Magyar.

Le contexte météorologique a aggravé la contrainte sur le refroidissement. La Hongrie et d’autres pays d’Europe sont touchés depuis le printemps par des déficits prolongés de précipitations et par une chaleur extrême, qui ont conduit le Danube à des niveaux historiquement bas par endroits.

Des températures attendues jusqu’à 42°C

La situation hydrologique pourrait encore se dégrader dans les prochains jours, avec des températures annoncées entre 40°C et 42°C en Hongrie. Une telle chaleur peut peser à la fois sur le niveau des cours d’eau, sur la température de l’eau disponible pour le refroidissement et sur la demande électrique liée à la climatisation.

Le cas de Paks illustre la dépendance opérationnelle des centrales thermiques, y compris nucléaires, à la disponibilité d’une ressource froide suffisante lorsque les systèmes de refroidissement reposent sur un grand fleuve. L’arrêt annoncé concerne l’unique centrale nucléaire hongroise, dont la production résiduelle devait être limitée à 240 MW après la déconnexion de la dernière unité concernée.