La paie du directeur général du géant pétrolier BP s'est maintenue autour de 15 millions de dollars en 2018, sous l'oeil d'un comité de rémunération qui veut éviter toute nouvelle fronde des actionnaires.
Le rapport annuel du géant britannique de l'énergie, publié vendredi, fait état d'une paie totale de 14,7 millions de dollars (13 millions d'euros) pour son directeur général Bob Dudley - entre salaire, prime annuelle et stock options. Ce total est peu changé mais légèrement inférieur à celui de 2017 (15,1 millions de dollars).
Dans ce rapport, le comité de rémunération a précisé avoir usé de son pouvoir "discrétionnaire" pour limiter la paie de M. Dudley - notamment la part versée en stock options. Il a expliqué que la rémunération totale du directeur général avait été diminuée de 2,7 millions de dollars par rapport au niveau qu'elle aurait pu atteindre en vertu de divers mécanismes automatiques.
Ce comité de rémunération voudrait éviter une nouvelle grogne des actionnaires de BP. En avril 2016, ces actionnaires avaient voté à une nette majorité contre la forte hausse de 20% de la rémunération de M. Dudley pour 2015, au moment où le géant des hydrocarbures serrait les cordons de la bourse en raison de la baisse des cours du pétrole.
Les prix de l'or noir sont depuis nettement repartis à la hausse et BP, à l'instar des autres majors internationales, a vu ses profits bondir en 2018, avec pour le groupe britannique un quasi triplement de son bénéfice net à 9,4 milliards de dollars.
Dans ce contexte, le directeur général de la major anglo-néerlandaise Royal Dutch Shell a vu lui sa rémunération plus que doubler l'an passé. Ben van Beurden a touché un total de 20,1 millions d'euros en 2018, d'après le rapport annuel de Shell publié mi-mars.
Anticipant des critiques, le comité de rémunération de Shell s'est dit "sensible aux discussions dans la société en général à propos du niveau de rémunération des dirigeants et a passé beaucoup de temps à discuter en son sein du haut niveau de la rémunération du directeur général en 2018".
Mais il a justifié ce montant en soulignant que lors des trois dernières années, l'impulsion du directeur général avait été "décisive" pour construire et mettre en place la stratégie du groupe, qui a dégagé 23,4 milliards de dollars de bénéfice net l'an passé sur fond de remontée des cours du brut.
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