Approvisionnement et infrastructures dans le Golfe

Un cessez-le-feu a été annoncé dimanche 14 juin après près de quatre mois de conflit ayant paralysé le détroit d'Ormuz, voie stratégique pour les hydrocarbures. Dans une note publiée lundi 15 juin, Kristalina Georgieva a estimé : « Plus vite (ce choc énergétique, NDLR) se résoudra, mieux ce sera - d'autant que la production mettra du temps à remonter compte tenu des dégâts importants subis par les infrastructures » dans le Golfe. Elle a jugé l’annonce du cessez-le-feu « bienvenue ».

L’ampleur du nœud logistique explique la persistance du choc : en 2025, environ 20 millions de barils par jour de pétrole ont transité par Ormuz, et un peu plus de 112 milliards de m3 de GNL, soit près de 20 % du commerce mondial de GNL, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE, données 2025). L’AIE estime par ailleurs que la capacité mondiale de réserve en pétrole brut dépassait 4 Mb/j au quatrième trimestre 2025, principalement en Arabie saoudite.

Les flux d’Ormuz représentaient également plus d’un quart du pétrole échangé par voie maritime en 2022 et début 2023, selon l’Administration américaine d’information sur l’énergie. Dans ce contexte, la directrice générale du Fonds souligne que la normalisation de l’approvisionnement prendra du temps, y compris en cas de désescalade durable.

Tensions sur les prix et vulnérabilités africaines

Si l’économie mondiale « semble tenir bon » dans l’ensemble, Mme Georgieva relève des effets distributifs marqués. Plusieurs pays africains ont connu des pénuries de carburant, notamment l’Éthiopie, le Malawi et la Zambie, et la hausse des prix du carburant frappe la plupart des économies du continent.

Elle indique qu’« au Lesotho, au Rwanda et en Tanzanie, les prix de l’essence ont augmenté d’environ 50 % depuis le début de la guerre ». Face à ces tensions, le FMI envisage d’augmenter le volume de prêts pour la Gambie, l’Éthiopie et le Burkina Faso, et étudie un nouveau programme d’aide pour le Malawi. En Asie, le Bangladesh a également demandé un nouveau programme, a rappelé la dirigeante.

Perspectives macroéconomiques et prochaines échéances

La cheffe du Fonds observe que les deux principaux pôles, États‑Unis et Chine, conservent un « solide dynamisme », tout en avertissant que l’onde de choc énergétique reste un risque pour l’activité et l’inflation tant que l’offre ne sera pas pleinement rétablie. L’accord entre l’Iran et les États‑Unis constitue, selon elle, une condition nécessaire mais non suffisante à un retour rapide à l’équilibre des marchés.

Le FMI doit actualiser ses prévisions économiques le 8 juillet. La directrice générale a indiqué que cette mise à jour intégrerait l’impact persistant des perturbations d’approvisionnement, malgré l’arrêt des hostilités annoncé le 14 juin. La publication de ces nouvelles projections est attendue le 8 juillet.