Un accès aux stocks jugé prioritaire
L’Agence internationale de l’énergie atomique estime que l’absence d’accès aux installations iraniennes permettant de vérifier le matériel nucléaire « doit être réglée avec la plus grande urgence ». Cette formulation figure dans un rapport confidentiel consulté mardi, avant la réunion de son conseil des gouverneurs à Vienne.
L’agence onusienne chargée des garanties nucléaires ajoute que « l’absence d’informations de l’Agence concernant ce matériau nucléaire et d’accès aux installations permettant de le vérifier constitue un motif de préoccupation en matière de prolifération ». Le sujet relève directement du régime de prolifération nucléaire, l’AIEA devant pouvoir contrôler que les matières déclarées ne sont pas détournées vers un usage militaire.
Fordo, Natanz et Ispahan restent hors vérification
L’AIEA indique ne pas avoir pu accéder aux sites nucléaires majeurs de Fordo, Natanz et Ispahan depuis la guerre de douze jours lancée par Israël en juin 2025, avec l’appui ultérieur des États-Unis, durant laquelle ces installations avaient été touchées. Depuis le début du conflit avec Washington, le 28 février 2026, d’autres installations nucléaires ont également été visées.
L’agence a demandé à plusieurs reprises à pouvoir retourner sur ces sites. Son directeur général, Rafael Grossi, « réaffirme sa conviction que les problèmes de longue date et les crises récurrentes entourant ces questions doivent être résolus au moyen d’un accord diplomatique durable et vérifiable », selon le rapport.
Le calendrier institutionnel ajoute une échéance rapprochée à ce dossier : le conseil des gouverneurs de l’AIEA doit se réunir du 7 au 11 septembre 2026 à Vienne, selon le calendrier des Nations unies pour les réunions internationales.
Le stock enrichi à 60 % demeure incertain
Avant les frappes de juin 2025, l’AIEA avait évalué à 440,9 kg les réserves iraniennes d’uranium enrichi à 60 %, un niveau proche des 90 % associés à la fabrication d’une arme nucléaire. Ce volume représentait une hausse de 32,3 kg par rapport au 17 mai 2025.
Dans son rapport public de septembre 2025, l’AIEA indiquait qu’au 13 juin 2025 le stock iranien d’uranium enrichi sous forme d’hexafluorure d’uranium atteignait 9 040,5 kg, dont 440,9 kg enrichis jusqu’à 60 % en isotope 235. L’agence précisait alors avoir vérifié 432,9 kg de ces 440,9 kg avant la perte de continuité de connaissance sur les inventaires.
Le devenir de ce stock n’est pas établi. Rafael Grossi avait déclaré en juin que « l’impression largement répandue » était que ces matières se trouvaient toujours à l’endroit où elles étaient avant juin 2025, près de l’usine d’enrichissement du combustible d’Ispahan.
Téhéran maintient un usage civil de son programme
Israël et les États-Unis accusent depuis longtemps l’Iran de chercher à acquérir l’arme nucléaire. La République islamique rejette ces accusations et affirme que son programme relève de son droit à développer la technologie nucléaire à des fins civiles.
Les installations de Natanz et Fordo sont au cœur du cycle d’enrichissement iranien, qui repose sur des centrifugeuses séparant progressivement les isotopes de l’uranium. Ispahan occupe aussi une place centrale dans la conversion et le stockage de matières nucléaires, ce qui explique l’attention particulière portée par l’AIEA à l’accès physique à ce site.