Des procédures administratives à portée élargie
La présidence argentine a indiqué vendredi 4 septembre au soir avoir engagé l’instruction de procédures visant 45 « personnes physiques ou morales », afin « d'enquêter sur et de sanctionner » d’éventuelles activités d’exploration et d’exploitation pétrolières autour des îles Malouines.
Les entités concernées ne sont pas citées dans le communiqué officiel. Selon des médias argentins, les dossiers viseraient notamment des entreprises britanniques, canadiennes, danoises, américaines, néerlandaises et israéliennes.
Buenos Aires précise que d’éventuelles sanctions pourraient viser les sociétés accusées d’avoir conduit des activités d’hydrocarbures sur le plateau continental revendiqué par l’Argentine, mais aussi leurs actionnaires et les prestataires qui leur auraient fourni des services.
Le décret 868/2026, publié le 4 septembre au Bulletin officiel argentin, confie au ministère argentin des Affaires étrangères l’application de la loi 26.659 sur les hydrocarbures. Ce texte prévoit une inhabilitation administrative de 5 à 20 ans pour les personnes physiques ou morales qui ne respectent pas les interdictions liées aux activités pétrolières sur la plateforme continentale revendiquée par Buenos Aires.
Sea Lion concentre la confrontation pétrolière
L’annonce prolonge l’allocution prononcée jeudi 3 septembre par le président argentin Javier Milei, qui a invoqué des « vents favorables » à la revendication de souveraineté de l’Argentine sur l’archipel et annoncé un durcissement des sanctions contre tout projet pétrolier dans la zone.
Le projet Sea Lion, porté par Navitas Petroleum et Rockhopper Exploration, est situé à environ 220 km au nord des Malouines, selon Navitas. L’entreprise indique que la première production est prévue en mars 2028, après la décision finale d’investissement prise sur le développement nord du champ.
Selon Rockhopper, la première phase du projet reste orientée vers une mise en production en 2028. Navitas est opérateur du développement, tandis que Rockhopper détient une participation non opérée dans le champ.
Rockhopper et Navitas ont indiqué vendredi poursuivre leurs travaux sous licences accordées par les autorités des Malouines et soutenues par Londres, estimant que les mesures argentines ne devraient pas avoir d’effet matériel sur le calendrier de développement du projet Sea Lion.
Londres maintient sa position sur l’archipel
Les Malouines, administrées par le Royaume-Uni, sont situées à environ 600 km des côtes argentines. L’archipel a été au centre d’une guerre de 74 jours en 1982, qui a causé la mort de 649 Argentins et de 255 Britanniques.
Le durcissement de Javier Milei intervient après une déclaration du président américain Donald Trump, allié du chef de l’État argentin, sur la position de neutralité des États-Unis dans le différend. « Je passe toujours toutes les positions en revue. C'en est une parmi d'autres », avait déclaré lundi 31 août le président américain, sans préciser davantage ses intentions.
Réagissant au discours de Javier Milei, Londres a réaffirmé vendredi que les Malouines « sont britanniques et le resteront, car telle est la volonté écrasante de leurs habitants » et que son engagement envers l’archipel demeure « absolu et inébranlable ».
Le gouvernement britannique met aussi en avant le référendum organisé en 2013 dans les Malouines, lors duquel 99,8% des votants se sont prononcés pour le maintien du statut de territoire britannique d’outre-mer, avec un taux de participation de 92%.