La gigantesque coupure d'électricité qui touche le Venezuela depuis jeudi a également affecté l'État frontalier de Roraima, dans le nord du Brésil, contraint de remettre en marche des centrales thermiques pour fournir du courant à la population.

Roraima Energia, société privée responsable de la distribution d'énergie dans la région, a indiqué vendredi dans un communiqué avoir remis en service dès jeudi cinq centrales thermiques pour compenser l'absence d'électricité en provenance du Venezuela voisin vers cet état peuplé de plus de 500 000 habitants.

La plus grande partie de l'énergie qui alimente habituellement Roraima provient de la centrale hydroélectrique de Guri, une des principales d'Amérique Latine, qui aurait été "sabotée", selon le gouvernement de Nicolas Maduro, plongeant Caracas et la majeure partie du Venezuela dans le noir.

Les lignes à haute tension qui relient le Brésil et le Venezuela ont été inaugurées en 2001 par les présidents Fernando Henrique Cardoso (centre droit) et Hugo Chávez (gauche, prédécesseur de Maduro).

Roraima Energia a expliqué que l'alimentation avait été coupée une première fois jeudi dans la matinée, puis en fin d'après-midi, et qu'elle n'avait pas été rétablie depuis.

"Pendant la nuit, nous avons tenté de rétablir la connexion Brésil/Venezuela, mais cela n'a pas été possible, en raison d'une grande instabilité", a précisé l'entreprise, qui assure néanmoins que les centrales thermiques permettent de répondre entièrement à la demande en électricité de l'Etat septentrional.

Mais ces centrales thermiques sont beaucoup plus coûteuses en raison de la nécessité d'approvisionnement en diesel par camion dans cette région mal desservie située au nord de l'Amazonie.

Roraima est le seul des 27 États brésiliens qui n'est pas relié au réseau national d'électricité. Pour ce faire, il faudrait que des lignes à haute tension traversent sur 125 km les territoires de la tribu indienne waimiri-atroari. Le projet est paralysé depuis des années, dans l'attente des licences environnementales requises par la Constitution.

Le gouvernement du président d'extrême droite Jair Bolsonaro envisage de publier un décret qui ferait de ce chantier une "urgence nationale", afin d'accélérer les démarches. La tribu waimiri-atroari n'est pas opposée au projet à priori, mais exige que ses "droits légaux et constitutionnels soient respectés".