Des consultations techniques avec Mascate

Le ministre iranien des Affaires étrangères se rendra samedi 11 juillet dans le sultanat, a indiqué le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, dans des propos rapportés par l’agence officielle IRNA. Le déplacement doit porter en priorité sur le détroit d’Ormuz et la sécurité maritime.

Baghaï a présenté cette visite comme la suite de discussions engagées avec Oman « depuis un mois ou deux ». Selon lui, « plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate ».

Le porte-parole iranien a ajouté que le déplacement d’Abbas Araghchi devait contribuer à « faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz ». Oman occupe une position centrale dans ce dossier, le chenal de navigation traversant une zone maritime bordée par le territoire iranien au nord et par le sultanat au sud.

Le contrôle du détroit reste au cœur du contentieux

La question d’Ormuz demeure l’un des principaux points de friction malgré l’accord conclu le 17 juin entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes. Durant le conflit, l’Iran a pris le contrôle de ce passage majeur pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de rétablir le régime antérieur.

Téhéran veut désormais imposer des droits de passage aux navires et n’autoriser qu’un itinéraire longeant ses côtes, dans la partie nord du détroit. Des bâtiments empruntant la route méridionale, au large d’Oman, ont été récemment attaqués, ce qui a entraîné une reprise des hostilités avec les États-Unis.

Selon l’Organisation maritime internationale, au 15 juin 2026, au moins 46 attaques contre la navigation internationale avaient été vérifiées dans le détroit d’Ormuz et ses abords depuis le début du conflit le 28 février. L’OMI précise aussi que le dispositif de séparation du trafic actuellement en vigueur dans le détroit a été proposé par l’Iran et Oman, puis adopté en 1968.

Oman reste exposé aux pressions américaines

La médiation omanaise a déjà suscité une réaction directe de Washington. En mai, le président américain Donald Trump avait menacé de « pulvériser » le sultanat si Mascate poursuivait ses échanges avec Téhéran sur une gestion commune du détroit.

Le 23 juin, le ministère omanais des Affaires étrangères avait publié un communiqué conjoint avec l’Iran à l’issue de discussions à Mascate, lors d’une visite du président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf et d’Abbas Araghchi. Les deux pays y affirmaient leur engagement en faveur d’un passage sûr dans le détroit, tout en rappelant leurs droits souverains sur leurs eaux territoriales.

Les discussions annoncées pour samedi s’inscrivent donc dans une séquence diplomatique resserrée, entre réunions techniques bilatérales, pressions américaines et contestation persistante du régime de circulation maritime dans l’un des principaux points de passage des flux pétroliers et gaziers mondiaux.