Quatre niveaux de priorité
Un projet de loi sera présenté à la rentrée pour classer les demandes d’accès au réseau en quatre catégories, selon l’exécutif. La première regroupera « les besoins protégés et fonctions essentielles pour la société » et la moins prioritaire visera « certains grands consommateurs d’énergie », identifiés par plusieurs responsables de la majorité comme les grands centres de données. L’objectif du ministère est d’appliquer ces règles « dès le prochain traitement des demandes de raccordement au réseau de grande envergure, prévu à l’automne ».
Le ministère du Climat et de l’énergie justifie la mesure par la tension croissante sur un réseau qui n’absorbe plus toutes les demandes. « Historiquement, le Danemark disposait d’un réseau électrique suffisant. Ce n’est plus le cas aujourd’hui », a-t-il indiqué. La ministre dabiuse du Climat, Samira Nawa, affirme qu’il existe « un large soutien » en faveur « d’un plan d’urgence qui garantisse que la capacité disponible soit utilisée pour ce qui est le plus important pour le Danemark ». Elle précise que « les ménages, le secteur de la santé, la défense, les transports, le chauffage urbain, les entreprises et les énergies renouvelables ne doivent pas être relégués au second plan, tandis que des projets de très grande envergure et peu flexibles accaparent la capacité limitée ».
Un réseau sous tension
Le gestionnaire public danois Energinet a instauré en mars une pause de trois mois avant toute décision de raccordement de nouveaux projets, expliquant que la demande à court terme excédait nettement la capacité disponible. Les projets en file d’attente totalisent 60 GW, pour un système dimensionné pour environ 7 GW lors des pics, selon les données communiquées. Cette pression s’exerce alors que les réseaux électriques européens sont eux-mêmes confrontés à des contraintes de capacité et de raccordement.
En parallèle de la priorisation, des négociations doivent s’ouvrir afin d’accélérer l’extension du réseau électrique et d’élaborer un plan global d’infrastructures énergétiques à l’horizon 2035. Ce cadrage vise à traiter le court terme, tout en balisant les investissements structurants nécessaires pour sécuriser les futurs raccordements, y compris ceux des projets d’énergies renouvelables et des usages électro-intensifs.
La confédération Dansk Industri salue une réponse d’urgence mais souligne ses limites de fond : ce « plan d’urgence répond à un défi immédiat, mais n’aborde pas suffisamment la manière dont le problème de capacité sera résolu à plus long terme ». Les organisations professionnelles appellent à clarifier rapidement les critères de priorité et à sécuriser un calendrier d’ouvrages réseau compatible avec les besoins industriels et territoriaux. Côté production, la part des énergies renouvelables dans le mix électrique danois a atteint environ 90 % en 2025.