Le gouvernement israélien a approuvé jeudi l'accord frontalier avec le Liban qui constitue une "reconnaissance" de fait de l'Etat hébreu par Beyrouth, selon le Premier ministre israélien Yaïr Lapid.
"Le gouvernement d'Israël vient tout juste d'approuver l'accord sur la frontière maritime entre Israël et le Liban" lors d'une réunion spéciale du Conseil des ministres, a indiqué dans un message à la presse le bureau de M. Lapid.
"Il s'agit d'un accomplissement politique, ce n'est pas tous les jours qu'un Etat ennemi reconnaît l'Etat d'Israël dans un accord écrit et ce, devant l'ensemble de la communauté internationale", a déclaré M. Lapid lors du Conseil des ministres.
Le chef de l'opposition israélienne Benjamin Netanyahu, en campagne contre M. Lapid pour les législatives du 1er novembre, avait fustigé l'accord avec le Liban et affirmé qu'il devait faire l'objet d'un vote de la Knesset (Parlement), voire d'un référendum.
Dans la foulée, différentes organisations de droite avaient déposé quatre recours à la Cour suprême contre l'accord, en soutenant notamment qu'il devait recevoir l'appui du Parlement à l'heure où le gouvernement Lapid a perdu sa majorité, ce qui a d'ailleurs catalysé la tenue des élections.
Mais dimanche, le plus haut tribunal en Israël a rejeté ces appels, signifiant ainsi que l'accord n'avait besoin que du feu vert du gouvernement.
En vertu de l'accord négocié par les Etats-Unis avec l'appui de la France, le champ gazier offshore de Karish se situe entièrement dans les eaux israéliennes en Méditerranée orientale.
Le Liban pour sa part aura tous les droits d'exploration et d'exploitation du champ de Cana, situé plus au nord-est, dont une partie dans les eaux territoriales d'Israël. Mais "Israël sera rémunéré" par la firme exploitant Cana "pour ses droits sur d'éventuels gisements", selon le texte.
Avant même la signature de l'accord par les deux pays, prévu jeudi, le groupe énergétique Energean a lancé, mercredi, la production au gisement de Karish avec le projet d'y porter rapidement la production annuelle à 6,5 milliards de m3 de gaz naturel, puis à terme à 8 milliards de m3.
Ce gaz permettra, selon les autorités israéliennes, de réduire le coût de l'énergie au pays mais aussi de doper les exportations vers l'Europe, qui cherche à diversifier ses approvisionnements dans la foulée de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
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