Un pilotage confié à Olivier Tainturier

Le ministère de l’Industrie a annoncé mardi 7 juillet la nomination d’Olivier Tainturier comme coordonnateur des projets industriels dits « Notre-Dame ». Ce dispositif vise à lever plus rapidement les blocages administratifs, techniques ou territoriaux pesant sur des investissements jugés stratégiques.

Olivier Tainturier, administrateur de l’État et juriste de formation, a occupé plusieurs fonctions de sous-préfet, dont la dernière à Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire. Le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, avait exercé des mandats électoraux dans ce territoire avant son entrée au gouvernement.

Le coordonnateur exercera ses fonctions « sous l'autorité de Sébastien Martin », a précisé le ministère. Sa mission consistera à travailler avec les porteurs de projets, les préfets, les services déconcentrés de l’État, les collectivités territoriales et les industriels, en lien avec la Direction générale des entreprises.

Identifier les blocages au niveau local

Le ministère attribue à Olivier Tainturier la mission « d'identifier concrètement les points de blocage, d'accélérer leur résolution et de garantir un suivi opérationnel au plus près des réalités locales ». L’objectif affiché est de réduire l’écart entre les arbitrages pris au niveau central et la réalisation effective des projets sur le terrain.

Le pilotage annoncé s’inscrit dans la méthode présentée en avril par Emmanuel Macron dans l’Allier, en Auvergne-Rhône-Alpes. Le chef de l’État avait alors défendu une logique inspirée de la reconstruction de Notre-Dame de Paris, avec une chaîne de décision resserrée et une accélération des procédures pour des projets industriels prioritaires.

Selon le dossier de presse gouvernemental publié en avril 2026, la sélection associée à cette méthode représente 152 projets stratégiques, 71 milliards d’euros d’investissement potentiel et 32 500 emplois, répartis dans 64 départements. Le même document indique que 50 % des 150 projets alors recensés ont été proposés par les préfets.

Des projets liés à l’industrie et à la souveraineté

Les projets concernés couvrent plusieurs segments industriels, dont les nouvelles usines, les centres de données, les batteries, les carburants de synthèse, la santé, l’aéronautique, les mines et métaux critiques, la défense ainsi que la décarbonation. Le dossier gouvernemental d’avril citait aussi le foncier, le raccordement électrique, la compensation environnementale et l’urbanisme parmi les leviers d’implantation à accélérer.

Le déplacement présidentiel d’avril avait notamment pris appui sur le projet Emili d’Imerys dans l’Allier. Selon le dossier gouvernemental d’avril 2026, ce projet vise une production annuelle de 34 000 tonnes d’hydroxyde de lithium, soit l’équivalent des besoins de 700 000 véhicules électriques.

Le gouvernement rattache cette démarche à sa stratégie de réindustrialisation et de souveraineté économique. Dans le même dossier, les projets les plus nombreux relevaient de l’agroalimentaire, des centres de données, des carburants de synthèse, des batteries et de la santé, avant l’aéronautique, les mines et métaux critiques, la décarbonation et la défense.