Le Pacte vert n'est pas « un luxe » dont on peut se passer en temps de crise, affirme le vice-président de la Commission européenne

  • AFP
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Le Pacte vert européen n'est pas "un luxe" superflu en temps de crise sanitaire et économique, a affirmé le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans devant le Parlement européen. "Ne tombons pas dans le piège de penser que le Pacte vert est un luxe que nous ne pouvons pas nous offrir pendant cette crise", a lancé M. Timmermans, qui chapeaute la stratégie de lutte contre le changement climatique au sein de l'exécutif européen.

"Je ne veux pas donner l'impression que mon attention est tellement focalisée sur le Pacte vert que je ne vois pas ce qui se passe autour de nous", a-t-il toutefois assuré aux eurodéputés de la commission Environnement, réunis par visioconférence. "Mais le paradoxe est que ce serait un manquement au devoir si nous ne faisions pas le lien entre les deux et disions très clairement que si nous voulons sortir plus forts, tournés vers l'avenir, nous devons absolument faire la transformation vers une société plus verte", a-t-il déclaré.

À l'instar du Premier ministre tchèque Andrej Babis, qui avait déclaré dès la mi-mars que l'UE devait "oublier" le Pacte vert pour se concentrer sur la pandémie, certains réclament que l'Union renonce à ses ambitions climatiques pour se concentrer sur une relance économique sans conditions.

En réponse, la Commission européenne a affirmé à plusieurs reprises, y compris par la voix de sa présidente Ursula von der Leyen, que le Pacte vert, qu'elle présente comme une véritable "stratégie de croissance", resterait au coeur du redressement économique.

Économie circulaire, emplois durables, indépendance face à des marchés de l'énergie "imprévisibles et versatiles" : "Nous devons assurer à nos concitoyens que le Pacte vert peut offrir des projets à l'épreuve du temps pour notre industrie et notre économie, qui nous mènent à la neutralité climatique et nous rendent indépendants aux énergies fossiles", a expliqué Frans Timmermans.

Le Néerlandais a également réitéré que la Commission se tiendrait à son calendrier prévoyant une publication "en septembre" d'une étude d'impact sur le relèvement envisagé des objectifs de réduction de gaz à effet de serre d'ici 2030 (de 40% à 50%, voire 55%). "Autant que possible, nous utiliserons les dernières données possibles" pour prendre en compte la crise sanitaire et économique, a-t-il promis.

À ceux qui s'inquiétaient d'un report de la publication des stratégies "Biodiversité" et "De la ferme à la table" attendue fin avril, il a répondu que celles-ci seraient dévoilées "probablement deux ou trois semaines plus tard". "Ce ne sera pas retardé pendant des mois", a-t-il dit.

Commentaires

Albatros

La première des actions à mener, digne d'un "vice-Président" de la Commission, serait d'oeuvrer pour une solidarité financière entre les pays de l'Union, afin que notre Europe mérite ce substantif d'Union que la crise financière qui vient met sérieusement en danger.
Alors, que ce soit "vert" ou pas, il est urgent de travailler à une harmonie fiscale dans cette "Union", dans laquelle les "pingres" (Pays-Bas en tête) rechignent à aider les "club med" pour des raisons spécieuses alors que les premiers des pingres pratiquent le dumping fiscal sans aucune vergogne.
Il faudra expliquer avec beaucoup de pédagogie comment une "Union" dans laquelle ce type de comportement existe, et qui de surcroît flingue littéralement son industrie tout en passant des accords commerciaux d'une naïveté confondante, va réussir à faire de la croissance...
J'espère vraiment que quelqu'un me convainque que la politique européenne n'est pas celle d'un canard sans tête.
Merci et bon courage à tous.

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