Le Parlement européen a entériné mardi l'accord conclu avec les États membres pour verdir les infrastructures de transport énergétique financées par l'UE et a autorisé le financement de certains projets gaziers à condition qu'ils puissent être reconvertis dans l'hydrogène.
Réunis en session plénière, les eurodéputés ont approuvé par 410 voix contre 146 et 72 abstentions la révision du règlement définissant le type de projets de transport d'énergie "d'intérêt commun" (lignes à haute tension, gazoducs, installations de stockage...) qui pourront bénéficier de procédures administratives accélérées et recevoir des fonds de l'UE.
L'accord entre les Vingt-Sept et le Parlement prévoit de cesser tout soutien aux nouveaux projets liés au gaz naturel et au pétrole et de soutenir en priorité les infrastructures pour l'hydrogène (électrolyseurs), le captage et le stockage de carbone.
Des exceptions sont toutefois prévues : le texte autorise les gazoducs existants à transporter jusqu'en 2029 un mélange d'hydrogène et de gaz, ou du biométhane. Et les projets visant à reconvertir des gazoducs ou projets gaziers dans le transport ou le stockage d'hydrogène pourront prétendre jusqu'à fin 2027 à une aide financière de l'UE.
"Nous ne nous contentons pas d'améliorer la planification des infrastructures, nous poussons à la création de nouveaux types de projets d'intérêt commun conformes aux objectifs climatiques" en "encourageant les investissements dans les réseaux d'hydrogène et de carbone", a observé l'eurodéputé polonais Zdzislaw Krasnodebski (ECR, eurosceptiques), saluant "un accord équilibré".
Une exception a été faite pour les chantiers en cours destinés à relier Chypre et Malte au réseau énergétique européen, afin de rompre leur isolement.
Des ONG environnementales déplorent la poursuite des financements pour des projets gaziers avec des conditions jugées insuffisamment strictes. Friends of the Earth avait notamment estimé qu'il "mènerait à une expansion du réseau gazier européen et donc maintiendrait la main-mise du secteur des énergies fossiles sur le continent".
Les eurodéputés Verts se sont élevés contre le texte. Selon eux, "face à l'urgence climatique, il n'y a plus de place pour les investissements dans les infrastructures d'énergies fossiles". Ils critiquent le soutien aux électrolyseurs dits "à bas carbone". Ces équipements peuvent concerner la production d'hydrogène à partir de l'énergie nucléaire ou du réseau électrique général. Or celui-ci reste alimenté pour partie par des énergies carbonées.
Par ailleurs, l'inclusion des projets de stockage de CO2, même limités aux installations industrielles, "facilite la production d'hydrogène à partir de combustibles fossiles", estiment les élus écologistes.
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