Le Parlement européen a décrété jeudi l'urgence climatique et environnementale, un vote symbolique pour maintenir la pression sur les dirigeants de l'UE à l'approche de la COP25 sur le climat et avec l'arrivée d'un nouvel exécutif européen.

La résolution, adoptée à une majorité confortable (429 pour, 225 contre et 19 abstentions), affirme l'engagement du Parlement pour "limiter le réchauffement de la planète à 1,5ºC et éviter une perte massive de biodiversité".

Il fait suite à des votes similaires dans plusieurs parlements nationaux de l'UE, notamment en France, au Royaume-Uni, ou en Autriche.

"Le fait que l'Europe soit le premier continent à déclarer l'urgence climatique et environnementale, juste avant la COP25, alors que la nouvelle Commission entre en fonction, et trois semaines après que Donald Trump a confirmé le retrait des États-Unis de l'accord de Paris, est un message fort envoyé aux citoyens et au reste du monde", s'est félicité Pascal Canfin (Renew Europe, centre et libéraux), président de la commission Environnement du Parlement européen.

Le vote de la résolution, qui n'a pas de visée légale contraignante, a donné lieu à un débat sémantique sur l'opportunité de déclarer "l'urgence" ou "l'état d'urgence", surtout chez les anglophones et les germanophones.

Le PPE (droite, principale force politique dans l'hémicycle) ne s'est pas joint à Renew, S&D (socio-démocrates) et aux Verts pour l'élaboration du projet de résolution commune qui a servi de base au vote de mercredi, même si le groupe a été divisé sur le vote final.

"Ces décisions auront un impact réel sur la vie quotidienne des Européens. Il y a urgence à agir, mais pas un état d'urgence à déclarer", a réagi Peter Liese au nom du PPE, qui plaidait pour l'utilisation d'un terme qui ne donnait pas l'impression de "panique".

Les Verts, qui ont soutenu la résolution, ont toutefois prévenu qu'il ne s'agissait pas d'en rester aux belles paroles. "Nous pouvons déclarer des urgences climatiques, mais les gens dans la rue ne demandent pas des déclarations, ils nous demandent d'agir", a averti Bas Eickhout, eurodéputé Verts, lors d'un débat précédant le vote qui s'était tenu lundi soir.

Le Parlement, qui a une position plus ambitieuse que les Etats membres en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), a voté un second texte jeudi en prévision de la COP25 qui commence début décembre à Madrid. Il y exhorte une nouvelle fois les 28 à se mettre d'accord lors d'un sommet en décembre sur l'objectif de neutralité carbone d'ici 2050 au plus tard.

Les eurodéputés précisent par ailleurs que la réalisation de cet objectif passe par "une actualisation" des ambitions climatiques à moyen terme, et plaident pour une réduction des émissions de GES de 55% d'ici 2030.

Au lendemain de la confirmation de la nouvelle Commission, qui prendra ses fonctions le 1er décembre, le Parlement s'adresse également à la présidente élue Ursula von der Leyen, lui enjoignant d'inclure tous ses objectifs, nécessaires pour se conformer à l'accord de Paris, dans son "Pacte vert européen". "On a mis aujourd'hui un niveau d'exigence important. Le Pacte vert doit être la réponse à la hauteur de cette urgence", a souligné Pascal Canfin.

L'ONG WWF a salué une position forte du Parlement et appelé le nouvel exécutif à y répondre. "La Commission doit immédiatement entamer une refonte en profondeur des règles de l'UE en matière d'agriculture, de transport et de commerce, afin de les mettre en conformité avec l'accord de Paris sur le climat", a affirmé un de ses responsables, Imke Lübbeke.

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