Un marché qui privilégie encore le scénario diplomatique
Vers 09H10 GMT, soit 11H10 à Paris, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 0,28%, à 76,09 dollars. Le West Texas Intermediate américain, avec échéance en août, cédait 0,32%, à 71,85 dollars.
Les échanges restaient contenus après deux séances de hausse mardi et mercredi, puis un repli partiel jeudi. Pour les opérateurs, le maintien de discussions techniques entre les États-Unis et l’Iran laisse ouverte l’hypothèse d’une désescalade rapide.
« Les marchés interprètent la poursuite des discussions techniques entre les États-Unis et l’Iran comme le signe que les frappes de cette semaine pourraient ne pas marquer le début d’une campagne militaire prolongée », estime Patrick Munnelly, analyste chez Tickmill.
Le détroit d’Ormuz reste le point de tension logistique
Dans la nuit de mercredi à jeudi, les forces américaines ont visé 90 objectifs militaires en Iran, selon l’armée. Téhéran a répondu jeudi contre des alliés régionaux de Washington, en accusant ses adversaires de chercher à perturber l’inhumation du guide suprême iranien Ali Khamenei.
Le détroit d’Ormuz demeure l’infrastructure critique suivie par les négociants pétroliers. Jeudi, Lloyd’s List Intelligence indiquait que les rares navires ayant réussi à franchir le passage les jours précédents avaient davantage utilisé le couloir longeant les côtes iraniennes, validé par Téhéran, que la voie maritime omanaise soutenue par l’ONU. « Bien que le trafic dans le détroit d’Ormuz ait pratiquement été paralysé la veille à la suite de la dernière flambée d’hostilités (...) les investisseurs pétroliers sont restés remarquablement détendus, voire nonchalants, face à la situation », relève Tamas Varga, analyste chez PVM Energy.
La demande pèse autant que le risque d’offre
Selon Tamas Varga, la préoccupation des opérateurs porte aussi sur la « destruction de la demande », c’est-à-dire la baisse de consommation provoquée par des prix élevés, des contraintes d’approvisionnement ou un ralentissement économique. Cette lecture contribue à limiter la prime de risque liée au Moyen-Orient sur les contrats de pétrole.
L’Agence internationale de l’énergie anticipe dans son rapport mensuel publié vendredi une baisse de la demande mondiale de pétrole en 2026 d’environ 1 million de barils par jour, contre 1,1 million de barils par jour dans son estimation de mi-juin. Dans son rapport de juin, l’AIE tablait aussi sur une contraction de l’offre mondiale de 3,9 millions de barils par jour en 2026, à 102,4 millions de barils par jour. L’organisation estime que l’offre mondiale avait « rebondi » après la reprise partielle du transit par Ormuz consécutive au cessez-le-feu signé le 17 juin. La production reste toutefois, selon l’AIE, très inférieure aux niveaux observés avant la guerre au Moyen-Orient.