Le Brent repasse au-dessus de 83 dollars

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre a avancé de 1,29 %, à 83,55 dollars. Le West Texas Intermediate américain, avec échéance en septembre, a gagné 1,15 %, à 78,18 dollars.

La séance a inversé la dynamique observée en début de semaine, lorsque les prix avaient reculé sur l’hypothèse d’un compromis rapide au Moyen-Orient. Le marché reste centré sur le détroit d’Ormuz, point de passage majeur pour les exportations d’hydrocarbures du Golfe.

Selon l’EIA américaine, les flux pétroliers transitant par Ormuz ont représenté en 2024 environ 20 millions de barils par jour, soit près de 20 % de la consommation mondiale de liquides pétroliers. Cette concentration explique la sensibilité des cours à tout retard sur une reprise complète du trafic.

Washington et Téhéran restent éloignés

Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi que le passage maritime pourrait rouvrir « bientôt ». Les opérateurs ont toutefois réduit leurs anticipations d’un règlement imminent, après plusieurs signaux jugés défavorables à un accord opérationnel.

« L’optimisme qui règne sur le marché pétrolier quant à une réouverture du détroit d’Ormuz pourrait s’avérer prématuré », a résumé Barbara Lambrecht, analyste chez Commerzbank. Les analystes d’ING indiquent que l’Iran souhaiterait empêcher les navires américains et israéliens de traverser le détroit, une condition jugée inacceptable par Washington.

Barbara Lambrecht relève aussi, au conditionnel, de nouvelles attaques iraniennes contre des « cibles hostiles » dans la zone d’Ormuz. Vendredi, des rebelles houthis au Yémen ont revendiqué des frappes dans une province riche en pétrole, alimentant la prudence des investisseurs avant la clôture hebdomadaire.

La Chine limite encore la hausse du brut

Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management, décrit un « marché nerveux à l’approche du weekend ». La tension géopolitique ne se traduit pas mécaniquement par une envolée plus marquée, car la demande chinoise de brut reste inférieure à ses niveaux d’avant-guerre.

Selon l’analyste, les importations chinoises de pétrole demeurent à plus de 3 millions de barils par jour sous leur niveau antérieur au conflit, malgré une progression limitée en juillet. Cette faiblesse des achats constitue encore un frein important à la hausse des prix du pétrole.

Cette situation réduit aussi la probabilité d’une augmentation rapide des exportations chinoises de produits raffinés, d’après Arne Lohmann Rasmussen. Le marché des produits pétroliers, notamment l’essence, reste donc exposé à des prix élevés si les tensions persistent sur les flux régionaux et les capacités de raffinage disponibles.