Le Brent et le WTI effacent une partie de leur prime de risque
Pour son premier jour comme échéance de référence, le contrat d’octobre sur le Brent de la mer du Nord a cédé 4,73%, à 83,77 dollars le baril. À New York, le West Texas Intermediate pour livraison en septembre a perdu 5,11%, à 80,34 dollars.
La baisse traduit un reflux de la prime géopolitique intégrée aux cours depuis la reprise des tensions militaires autour de l’Iran et des routes maritimes du Golfe. Robert Yawger, analyste chez Mizuho USA, estime que « le marché semble miser sur un accord-cadre similaire à celui conclu le 17 juin », susceptible de faciliter une normalisation partielle des flux pétroliers au Moyen-Orient.
Washington affirme négocier, l’Iran conteste
Donald Trump a d’abord menacé l’Iran de frappes de grande ampleur, avant d’affirmer dimanche que des discussions avec Téhéran reprendraient lundi. Le président américain a maintenu cette version lundi, en assurant que les États-Unis parlaient avec les autorités iraniennes « en ce moment même ».
La diplomatie iranienne a donné une lecture opposée de la situation. Un porte-parole a indiqué que l’Iran ne « négociait pas avec les Etats-Unis en ce moment », tout en précisant que Téhéran échangeait avec « Oman pour sécuriser un passage dans le détroit d'Ormuz ».
Selon l’Agence internationale de l’énergie, environ 20 millions de barils par jour de pétrole brut et de produits pétroliers ont transité en moyenne par le détroit d’Ormuz en 2025. L’agence le décrit comme l’un des principaux points de passage mondiaux pour les hydrocarbures, avec des possibilités de contournement limitées pour plusieurs producteurs du Golfe.
La navigation reste au centre de la nervosité du marché
L’accord signé le 17 juin avait été suivi d’une amélioration du trafic maritime régional. La reprise des combats en juillet a ensuite pesé sur la circulation dans le détroit d’Ormuz et accru les risques en mer Rouge, deux zones suivies de près par les affréteurs, les assureurs et les opérateurs de cargaisons énergétiques.
Arne Lohmann Rasmussen, analyste de Global Risk Management, juge que « la perspective d'une hausse des prix du pétrole et de l'essence a probablement joué un rôle » dans le changement de ton de Donald Trump, à l’approche des élections de mi-mandat américaines. Robert Yawger ajoute que « plus ces négociations s'éternisent, plus (le gouvernement) sait que la population américaine s'impatiente et se lasse de cette guerre ».
Trump met aussi la pression sur les pétroliers américains
Le président américain s’en est pris lundi aux majors pétrolières des États-Unis, accusées selon lui de « faire trop d'argent » dans le contexte actuel de tension sur les marchés. Il leur a demandé de réduire leurs prix, alors que l’évolution des cours du brut reste directement liée aux annonces diplomatiques et militaires autour de l’Iran.
Cette critique vise les groupes pétroliers américains au moment où les cours internationaux demeurent supérieurs aux niveaux observés avant la crise régionale. La réaction du marché lundi montre que les opérateurs accordent un poids immédiat aux signaux de désescalade, même lorsque ces signaux sont contestés par l’une des parties concernées.