Le Brent franchit à nouveau 100 dollars
Le contrat de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre, devenu jeudi l’échéance de référence, a terminé en hausse de 4,37%, à 102,31 dollars le baril. Le West Texas Intermediate américain pour novembre a progressé de 2,71%, à 92,87 dollars.
La hausse du brut est intervenue alors que les flux physiques provenant du Golfe se renforcent. « Malgré le rebond observé aujourd'hui, davantage de pétrole continue de quitter la région du Golfe », a déclaré John Kilduff, analyste d’Again Capital.
Kim Fustier, analyste chez HSBC, relève elle aussi que « les exportations totales de brut du Moyen-Orient sont effectivement en train de se redresser ». Elle précise toutefois que « cela ne signifie pas que le marché pétrolier soit revenu à une quelconque forme de +normalité+ ».
Le risque militaire reste intégré aux prix
Les discussions diplomatiques au Moyen-Orient paraissent bloquées, ce qui entretient l’hypothèse d’une reprise des hostilités dans les scénarios suivis par les opérateurs. Selon des informations du Wall Street Journal, les États-Unis seraient proches d’un nouvel envoi de troupes dans la région.
La prime géopolitique demeure donc présente malgré l’amélioration des volumes exportés. Le marché distingue le redémarrage des cargaisons de pétrole brut et le risque d’un nouvel incident susceptible d’affecter les routes maritimes, les terminaux ou les capacités de raffinage.
Washington cible les réserves européennes de gazole
Le gazole reste l’autre facteur de tension. « Les tensions sur le marché du gazole demeurent un problème (...) nous attendons toujours de voir si une libération coordonnée de stocks sera finalement mise en oeuvre », a indiqué John Kilduff.
Washington a prévenu jeudi les Européens qu’une action conjointe avec les États-Unis sur la disponibilité des carburants relevait de leur propre intérêt. D’après des informations de presse, l’administration Trump souhaite que plusieurs pays européens, notamment la France et l’Allemagne, injectent sur le marché du diesel issu de leurs réserves stratégiques afin de freiner la flambée des prix, faute de quoi les États-Unis menaceraient d’interdire leurs exportations de gazole.
La Commission européenne a convoqué une réunion vendredi 2 octobre au matin avec les États membres de l’UE afin de travailler sur cette question, selon une porte-parole de l’exécutif européen. Le 8 septembre, le groupe européen de coordination pétrole avait indiqué qu’il n’existait pas de préoccupation immédiate de sécurité d’approvisionnement dans l’UE, tout en soulignant que la demande de carburéacteur et de diesel était couverte par une hausse de la production des raffineries européennes et par des approvisionnements alternatifs.
Les distillats soutiennent les arbitrages de marché
Le ministre américain de l’Énergie, Chris Wright, a déclaré jeudi sur Fox News : « C'est le moment de mettre davantage de diesel sur le marché, et ce diesel est disponible. Je pense que nous allons bientôt recevoir de bonnes nouvelles ». Sa déclaration intervient dans un contexte de débat aux États-Unis sur une éventuelle restriction des exportations américaines de gazole.
Dans son Short-Term Energy Outlook de septembre 2026, l’Energy Information Administration américaine indique s’attendre à ce que les stocks américains de distillats, catégorie regroupant notamment diesel et fioul domestique, tombent sous 100 millions de barils en septembre et restent sous leur plus bas niveau sur cinq ans pendant une grande partie de 2027.
La perspective d’un apport de barils de diesel modifie les positions relatives entre produits raffinés et brut. Face à une possible libération de stocks, « les opérateurs vendent du gazole et achètent du pétrole brut », selon John Kilduff, qui décrit ces mouvements comme « un jeu d'échanges techniques ».