Washington durcit son dispositif autour d’Ormuz
Le président américain a déclaré lundi sur Truth Social que les États-Unis prendraient le contrôle du détroit d’Ormuz, tout en réactivant le blocus des ports iraniens. Selon l’armée américaine, cette mesure doit s’appliquer mardi à 20H00 GMT.
Donald Trump veut aussi instaurer une rémunération équivalente à 20% de la valeur des cargaisons transitant par Ormuz, au titre de la protection du passage maritime. Cette exigence entre en contradiction avec le principe de liberté de navigation garanti par le droit international, alors que Téhéran souhaite également imposer un péage sur ce point de passage stratégique.
L’association d’armateurs Bimco estime que « le surcoût qui en résulterait constituerait un frein supplémentaire au transit » via Ormuz. Selon l’Agence internationale de l’énergie, environ 20 millions de barils par jour de pétrole brut et de produits pétroliers ont transité par le détroit en 2025, ce qui en fait l’un des principaux goulets d’étranglement du commerce énergétique mondial.
Les analystes redoutent une offre non iranienne perturbée
Vivek Dhar, analyste chez CBA, juge que « la perte de pétrole brut iranien, qui a représenté en moyenne 2% de la demande mondiale depuis la signature du protocole d’accord » entre Washington et Téhéran le 17 juin, « se fera sentir sur les marchés mondiaux ». Ce protocole avait conduit à la levée du précédent blocus.
D’après son estimation, 40 à 50% du pétrole sorti du détroit d’Ormuz depuis le 18 juin serait attribuable à l’Iran, contre 10 à 15% avant la guerre. Pour Vivek Dhar, « la véritable inconnue est la réaction de l’offre non iranienne », car la République islamique « est désormais fortement incitée à rétablir son propre blocus ».
Les frappes entretiennent la tension sur le marché
Les États-Unis ont conduit une troisième nuit consécutive de frappes contre l’Iran. Les Gardiens de la Révolution iraniens affirment avoir riposté contre des installations américaines au Bahreïn et en Jordanie.
Dans le détroit d’Ormuz, les Émirats arabes unis ont fait état d’attaques de missiles iraniens visant deux de leurs tankers, avec la mort d’un membre d’équipage indien. Donald Trump a néanmoins estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu’un accord avec l’Iran restait « possible ».
John Evans, analyste chez PVM Energy, résume la séquence comme « un tournant extraordinaire des événements » au Moyen-Orient. Il estime que « cette dégradation de la diplomatie et cette accélération des échanges de tirs ont pris le marché quelque peu de court ».
Brent et WTI retrouvent leurs niveaux de mi-juin
Après une hausse ayant atteint plus de 10% lundi, les deux références du pétrole ont poursuivi leur progression mardi, avec des prix inédits depuis la mi-juin. Le mouvement reflète la crainte d’une réduction de volumes disponibles et de nouvelles contraintes de navigation dans le Golfe.
Vers 09H20 GMT, soit 11H20 à Paris, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre gagnait 4,05%, à 86,67 dollars. Le West Texas Intermediate américain pour livraison en août progressait de 2,98%, à 80,47 dollars.