Une hausse attendue des quotas pour août

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre a reculé de 0,18% lundi, à 71,99 dollars. Le West Texas Intermediate américain, échéance août, a cédé 0,20%, à 68,55 dollars.

L’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, le Koweït, le Kazakhstan, l’Algérie et Oman ont validé dimanche 5 juillet une augmentation collective de 188 000 barils par jour à partir d’août, dans le cadre de l’Opep+. L’organisation a confirmé que ces sept producteurs se réuniraient de nouveau le 2 août 2026 pour examiner les conditions de marché, le respect des engagements et les mécanismes de compensation.

Cette progression correspond à une réintroduction partielle des ajustements volontaires annoncés en avril 2023, que l’Opep chiffre à 1,65 million de barils par jour. Le communiqué de l’organisation maintient une clause de flexibilité, permettant aux pays concernés d’augmenter, suspendre ou inverser le retrait progressif de ces réductions selon l’évolution du marché.

Ormuz reste le paramètre opérationnel clé

Pour Andy Lipow, de Lipow Oil Associates, « Cette décision était déjà entièrement anticipée par le marché ». L’analyste estime aussi que la hausse des quotas ne devrait pas modifier rapidement les équilibres physiques, compte tenu d’un trafic de pétroliers encore contraint dans le détroit d'Ormuz.

La quasi-paralysie de ce passage maritime, après le déclenchement fin février des frappes américano-israéliennes contre l’Iran, a perturbé les exportations des pays du Golfe et conduit plusieurs producteurs à réduire leurs volumes disponibles. La situation s’améliore depuis la signature du protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran.

La société de suivi maritime Kpler relevait la semaine dernière entre 30 et 60 traversées quotidiennes de navires, majoritairement commerciaux. Selon l’Energy Information Administration américaine, 20 millions de barils par jour de pétrole et produits pétroliers ont transité par Ormuz en moyenne en 2024, soit environ 20% de la consommation mondiale de liquides pétroliers.

Le marché regarde déjà le risque d’excédent

Tamas Varga, analyste chez PVM Energy, observe un « calme relatif au Moyen-Orient » et relève qu’« alors que le fragile cessez-le-feu continue de tenir, malgré des escarmouches sporadiques, les volumes de pétrole transitant par le détroit d'Ormuz augmentent quasiment jour après jour ». Les cours de l’or noir sont revenus vers les niveaux observés avant la guerre.

Plusieurs analystes anticipent désormais une pression baissière liée à une offre potentiellement excédentaire dans les prochains mois. Andy Lipow souligne qu’avec le départ des Émirats arabes unis de l’Opep+, « le marché s'attend à ce qu'ils produisent autant de pétrole que possible », le pays n’étant plus soumis aux quotas du groupe.

L’Irak cherche aussi à obtenir un volume de production attribué plus élevé, selon Andy Lipow. Les analystes d’Eurasia Group relèvent de leur côté que les importations chinoises de brut « sont à un niveau historiquement bas ».