La prime de risque géopolitique soutient les cours
Vers 09h05 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre gagnait 1,21 %, à 85,25 dollars. Le West Texas Intermediate américain, échéance août, avançait de 1,63 %, à 80,24 dollars.
Pour John Evans, analyste chez PVM Energy, les derniers développements auraient pu conduire « les prix du brut à filer vers les trois chiffres », soit au-delà de 100 dollars le baril. Il relève toutefois que « l’offre de pétrole a fait preuve d’une grande résilience en trouvant son chemin vers les endroits qui en ont besoin, et ce conflit peut être désamorcé à tout moment », ce qui limite l’ampleur de la hausse.
Les incidents touchent des infrastructures et le trafic maritime
Les États-Unis ont frappé l’Iran pour la sixième nuit d’affilée vendredi. La République islamique a fait état de bombardements visant des ponts, un port, un aéroport et une gare, avec au moins huit morts pendant la nuit.
Bahreïn, le Koweït et le Qatar ont également affirmé vendredi avoir subi des attaques iraniennes. En mer, l’agence britannique UKMTO a rapporté qu’un navire avait été atteint par un « projectile non identifié » au large d’Oman, à proximité du détroit d’Ormuz.
Un drone a aussi touché un navire au large du port irakien de Bassorah, dans le sud du pays, près d’un terminal pétrolier, selon une source sécuritaire. Le détroit d’Ormuz a vu transiter en moyenne 20 millions de barils par jour de pétrole brut, condensats et produits pétroliers en 2024, soit environ 20 % de la consommation mondiale de liquides pétroliers, selon l’Energy Information Administration américaine.
L’Agence internationale de l’énergie indiquait dans son rapport mensuel de juillet 2026 que l’offre mondiale de pétrole avait rebondi de 4,1 millions de barils par jour en juin, à 98,8 millions de barils par jour, grâce à une reprise partielle des flux via Ormuz et de la production du Golfe.
Rystad privilégie encore une désescalade partielle
Jorge Leon, responsable de l’analyse géopolitique chez Rystad, estime que les deux camps disposent de « solides raisons économiques d’éviter une rupture totale ». Le cabinet attribue ainsi une probabilité de 40 % à un accord limité, qui permettrait « à chaque camp de sauver la face ».
Rystad accorde un poids presque équivalent à un scénario d’impasse diplomatique. Dans cette hypothèse, les armateurs, les assureurs, les gouvernements et les négociants s’adapteraient progressivement au risque, notamment au moyen de « convois soigneusement programmés ».
Le cabinet retient enfin une probabilité de 20 % pour une reprise durable des combats, qui réduirait très fortement les exportations régionales. Même dans ce cas, Rystad juge possibles des flux résiduels via la « flotte fantôme », le passage sélectif de navires liés à des États amis et des périodes temporaires de moindre intensité militaire.