Le baril de Brent repasse au-dessus de 92 dollars
Vers 09H45 GMT, soit 11H45 à Paris, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre avançait de 1,91% à 92,22 dollars. Le West Texas Intermediate américain, échéance octobre, progressait de 2,54% à 87,94 dollars.
Washington a annoncé des frappes contre « deux lanceurs iraniens (de roquettes) sur l'île de Larak », une première opération américaine de ce type depuis la fin juillet. L'île se trouve dans le détroit d'Ormuz, point de passage majeur pour les exportations d'hydrocarbures du Golfe. L'Iran a répondu par des attaques de missiles et de drones contre des cibles américaines en Jordanie et aux Émirats arabes unis. Le président iranien Massoud Pezeshkian a toutefois affirmé que Téhéran ne souhaitait pas prolonger le conflit. Un tanker sortant du détroit a également été atteint lundi par trois « projectiles inconnus », selon l'agence maritime britannique UKMTO, qui a rendu l'information publique mardi.
Les analystes craignent un risque de blocage durable
« L'escalade entre les États-Unis et l'Iran ravive le risque dans le détroit d'Ormuz », soulignent les analystes de DNB Carnegie. Pour les marchés pétroliers, l'enjeu ne porte pas seulement sur les volumes effectivement interrompus, mais aussi sur les primes de risque intégrées aux prix du fret, de l'assurance maritime et du brut.
Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management, estime que « les deux pays semblent estimer que le temps joue en leur faveur ». Selon lui, cette lecture stratégique peut prolonger le face-à-face, sans déboucher rapidement sur une désescalade militaire ou diplomatique.
D'après cet analyste, Téhéran chercherait à maintenir des prix élevés du pétrole et de l'essence afin d'accroître la pression politique sur Washington, notamment avant les élections américaines de mi-mandat. Les États-Unis, selon la même analyse, misent de leur côté sur un durcissement des sanctions économiques pour pousser l'Iran à céder.
Le prix du gaz européen progresse aussi
Le marché gazier européen suivait le même mouvement mardi. Le contrat à terme du TTF néerlandais, référence régionale du gaz, gagnait 2,37% à 71,47 €/MWh. Les stocks européens restent bas pour la période, ce qui impose des achats supplémentaires avant l'hiver. Gas Infrastructure Europe indiquait qu'au 31 août, les stockages de l'Union européenne contenaient 735,74 TWh de gaz, soit un taux de remplissage de 65,09%.
Les pays européens doivent aussi arbitrer leurs achats face à la demande asiatique en cargaisons de gaz naturel liquéfié. À cette concurrence s'ajoute la préparation de la sortie du GNL russe. Arne Lohmann Rasmussen rappelle que l'Europe se prépare à cette échéance « à partir du 1er janvier 2027 », date à laquelle l'Union européenne prévoit l'interdiction complète des importations de GNL russe dans le cadre des contrats de long terme.