Un projet de prélèvement remplacé par des accords
Le président américain avait indiqué lundi vouloir obtenir une « rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons » transitant par le détroit d'Ormuz, point de passage majeur des flux d’hydrocarbures entre le Golfe et la mer d’Oman. Cette annonce intervenait dans un contexte de fortes tensions entre Washington et Téhéran.
Dans un message publié mardi sur Truth Social, Donald Trump a finalement remplacé cette option par « des accords de commerce et d'investissements » avec les monarchies du Golfe. « Ce revirement a semblé apaiser quelque peu les tensions sur le marché pétrolier », a commenté John Kilduff, analyste d’Again Capital.
Selon l’Agence internationale de l’énergie, 20 millions de barils par jour de pétrole brut et de produits pétroliers ont transité en moyenne par Ormuz en 2025, soit environ 25% du commerce maritime mondial de pétrole. L’AIE estime que les capacités opérationnelles permettant de contourner ce détroit, principalement en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, restent limitées à environ 3,5 à 5,5 millions de barils par jour.
Le Brent et le WTI restent en nette progression
Le Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre, qui avait gagné plus de 5% plus tôt en séance, a clôturé mardi en hausse de 1,72%, à 84,73 dollars le baril. Le West Texas Intermediate américain pour livraison en août a avancé de 1,54%, à 79,34 dollars.
Les deux références du pétrole avaient déjà progressé de près de 10% lundi. Leur hausse avait été alimentée par l’annonce d’un nouveau blocus américain visant les ports iraniens, dont l’entrée en vigueur est prévue mardi à 20H00 GMT.
Le mouvement de marché traduit une sensibilité élevée aux annonces concernant Ormuz, sans rupture complète des anticipations de prix. John Kilduff estime que, dans l’attente de précisions et face aux changements de ton successifs, « le marché ne va pas se laisser gagner par une inquiétude excessive quant à l'évolution du conflit ».
Les frappes ajoutent une prime de risque géopolitique
L’Iran a rapporté mardi des frappes américaines dans le sud-ouest du pays, dans une région pétrolifère proche de l’Irak et du Koweït. Téhéran a aussi fait état de frappes sur Bouchehr, site de la seule centrale nucléaire iranienne.
John Evans, analyste chez PVM Energy, juge que « cette dégradation de la diplomatie et cette accélération des échanges de tirs ont pris le marché quelque peu de court ». La réaction des cours reste toutefois contenue par l’incertitude sur la suite du conflit et par les signaux contradictoires envoyés depuis Washington.
« Nous savons que la situation peut basculer d'un moment à l'autre, c'est ce qui permet pour le moment de contenir les prix » de l’or noir, a ajouté John Kilduff. Malgré les affrontements, Donald Trump juge toujours un accord avec l’Iran « possible », tandis que les consultations avec les médiateurs se poursuivent, selon la diplomatie iranienne.