Le Brent conserve une hausse après un pic de séance
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, progressait de 1,72 %, à 84,73 dollars, mardi vers 15h35 GMT, après avoir gagné plus de 5 % plus tôt dans la séance. Le West Texas Intermediate américain, pour livraison en août, avançait de 1,59 %, à 79,38 dollars.
La détente relative est intervenue après un message de Donald Trump sur Truth Social, dans lequel le président américain a indiqué avoir « décidé » de substituer à la redevance annoncée lundi « des accords de commerce et d'investissements que les différents Etats du Golfe feront aux Etats-Unis ». La veille, les deux références du brut avaient progressé jusqu'à plus de 10 %, dans un marché réagissant à la montée des tensions militaires entre Washington et Téhéran.
Une taxe abandonnée, mais un blocus toujours annoncé
Donald Trump avait affirmé lundi vouloir prélever une redevance équivalente à 20 % de la valeur des cargaisons transitant par le détroit d'Ormuz, en contrepartie de la protection de cette route maritime. Téhéran envisage de son côté de faire payer le passage dans ce couloir stratégique, selon la dépêche initiale.
Cette option américaine contrevenait au principe de liberté de navigation et au droit international, selon les éléments rapportés. L'association d'armateurs Bimco a estimé que « le surcoût » lié à une telle taxe aurait créé « un frein supplémentaire au transit » par Ormuz.
Le risque principal pour les marchés pétroliers reste le rétablissement annoncé d'un blocus naval américain visant les ports iraniens. L'armée américaine a indiqué que ce dispositif devait entrer en vigueur mardi à 20h00 GMT.
L'offre iranienne redevient un point de tension
Vivek Dhar, analyste chez CBA, estime que « la perte de pétrole brut iranien, qui a représenté en moyenne 2% de la demande mondiale depuis la signature du protocole d'accord » entre Washington et Téhéran le 17 juin, « se fera sentir sur les marchés mondiaux ». Ce protocole avait entraîné la levée du précédent blocus.
Selon le même analyste, environ 40 à 50 % du pétrole sorti du détroit d'Ormuz depuis le 18 juin peut être attribué à l'Iran, contre 10 à 15 % avant la guerre. Il juge que « la véritable inconnue est la réaction de l'offre non iranienne », la République islamique étant, selon lui, « désormais fortement incitée à rétablir son propre blocus ».
Le rôle d'Ormuz dans le commerce d'pétrole explique la sensibilité des prix à chaque annonce militaire ou diplomatique. Selon l'Energy Information Administration américaine, les flux pétroliers via ce détroit ont atteint en moyenne 20 millions de barils par jour en 2024, soit environ 20 % de la consommation mondiale de liquides pétroliers.
Les négociations ne sont pas interrompues
John Evans, analyste chez PVM Energy, a relevé que « cette dégradation de la diplomatie et cette accélération des échanges de tirs ont pris le marché quelque peu de court ». Les prix restent donc soumis à la fois aux annonces militaires, aux conditions de navigation et aux signaux diplomatiques entre les États-Unis et l'Iran.
Donald Trump a néanmoins déclaré devant la presse à la Maison Blanche qu'un accord avec l'Iran restait « possible ». La diplomatie iranienne a indiqué que les consultations avec les médiateurs se poursuivaient.