Pékin se positionne sur la sécurité maritime
Le président chinois Xi Jinping a déclaré au Caire, lors d’un entretien avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, que la Chine était disposée à coopérer avec les pays de la région afin de protéger les grandes routes maritimes internationales, selon l’agence officielle Chine Nouvelle.
La déclaration chinoise a pesé sur un marché pétrolier déjà très sensible aux signaux diplomatiques et militaires dans le Golfe. « La conviction des traders reste fragile [...] compte tenu du risque que des déclarations comme celles-ci puissent faire reculer les prix », a indiqué Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank.
Vers 12 h 45 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre reculait de 0,36 %, à 94,31 dollars. Le West Texas Intermediate américain, sur la même échéance, abandonnait 0,63 %, à 89,65 dollars.
Plus de 17 millions de barils de pétrole lundi ?
Le ministre américain de l’Énergie, Chris Wright, a affirmé sur CNBC que plus de 17 millions de barils de pétrole avaient franchi le détroit d’Ormuz lundi, un volume proche des niveaux observés avant la guerre. Cette estimation reste difficile à confirmer, de nombreux navires désactivant leur système d’identification automatique dans la zone.
Carsten Fritsch, analyste chez Commerzbank, estimait mardi dans une note que les opérateurs de marché retenaient plutôt un transit de 6 à 8 millions de barils par jour par Ormuz, soit près du double du niveau évalué à la mi-juillet. Les expéditions encore possibles par le détroit d'Ormuz, ainsi que les routes de contournement utilisées notamment par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, contribuent à contenir les prix du brut malgré les nouvelles frappes échangées depuis lundi entre l’Iran et les États-Unis.
Les perspectives diplomatiques se sont toutefois dégradées après de nouvelles déclarations de Donald Trump sur Truth Social. Le président américain a affirmé qu’il se « moque complètement » de savoir si l’Iran signe ou non un accord. Donald Trump a également dit « préférer » la situation actuelle, en assurant que les États-Unis disposaient d’un « contrôle quasi-total du détroit d’Ormuz » et que l’économie iranienne était en train de « s’effondrer complètement ».
Le gaz européen reste plus exposé au choc qatari
Le marché gazier européen évoluait à rebours du pétrole. Vers 12 h 45 GMT, le contrat à terme TTF néerlandais, référence européenne, gagnait 0,46 %, à 72,55 euros le mégawattheure, après avoir atteint 75,33 euros, son plus haut niveau depuis janvier 2023.
Les stocks européens de gaz restent bas pour la période de remplissage précédant l’hiver : les stockages de l’Union européenne étaient remplis à environ 65 % au 2 septembre 2026, selon les données de Gas Infrastructure Europe, un niveau très éloigné de l’objectif européen de 90 % retenu pour le début de l'hiver.
La pression sur le gaz s’explique aussi par la structure des exportations du Golfe. Une part importante des volumes régionaux de GNL provient du Qatar, qui ne dispose pas d’itinéraire maritime de substitution au détroit d'Ormuz pour ses cargaisons, contrairement à certains flux pétroliers saoudiens ou émiratis. L’Europe doit en outre composer avec la concurrence asiatique sur certaines cargaisons de GNL et avec l’interdiction prévue des importations de GNL russe à partir de janvier 2027.