Le Brent repasse au-dessus de 88 dollars

Le baril de Brent de la mer du Nord, échéance octobre, a progressé de 1,67 % vendredi pour terminer à 88,52 dollars. Le West Texas Intermediate américain, pour livraison en septembre, a gagné 1,42 %, à 82,40 dollars.

Le mouvement de hausse a été alimenté par les déclarations du secrétaire américain au Trésor Scott Bessent, qui a menacé Téhéran jeudi d'une « combinaison d'un isolement économique comme le monde n'en a jamais vu et de la poursuite du blocus dans le détroit d'Ormuz, qui empêchera quoi que ce soit d'entrer ou de sortir des ports iraniens ».

Scott Bessent a également prévenu que « d'autres annonces arrivent la semaine prochaine ». Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth a, de son côté, affirmé que le blocus visant les ports iraniens pourrait durer « aussi longtemps que nécessaire », sans « date butoir ».

Hormuz reste au centre des anticipations de marché

Le changement de ton de Washington tranche avec les signaux envoyés au début du mois d'août, lorsque l'administration américaine évoquait un accord proche pour rouvrir le détroit d'Ormuz. Ces attentes avaient alors contribué à détendre les cours du brut.

David Morrison, analyste chez Trade Nation, souligne que « les États-Unis et l'Iran continuent d'avancer des affirmations contradictoires quant au contrôle du détroit d'Ormuz et à l'état du trafic maritime dans cette voie navigable ». Le ministre américain de l'Énergie Chris Wright a récemment assuré que « près de 9 millions de barils par jour » sortaient du Golfe par ce passage.

Ce volume est contesté par plusieurs analystes. Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management, estime qu'il représente environ deux fois les évaluations produites par la plupart des observateurs indépendants du trafic maritime dans le détroit. Norman Liebke, analyste chez Commerzbank, juge aussi ces chiffres « discutables », tout en rappelant que de nombreux navires circulent dans la zone avec leur transpondeur éteint, ce qui complique le suivi.

Avant la crise actuelle, le détroit d'Ormuz constituait déjà l'un des principaux points de passage du commerce pétrolier mondial : environ 20 millions de barils par jour de pétrole brut et de produits pétroliers y ont transité en moyenne en 2025, selon l'Agence internationale de l'énergie. L'AIE a estimé en juillet que les flux par ce couloir étaient tombés à 2,7 millions de barils par jour en moyenne entre mars et mai.

Le marché européen du gaz demeure sous tension

La tension ne se limite pas au pétrole. Norman Liebke estime que « la situation sur le marché européen du gaz est actuellement plus tendue que sur le marché pétrolier », en raison notamment de l'arrêt persistant des exportations du Qatar, présenté comme l'un des grands exportateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié.

Le contrat à terme du TTF néerlandais, référence européenne du gaz, avançait de 0,66 % à 60,80 euros le mégawattheure. Son niveau a pratiquement doublé depuis le début du conflit au Moyen-Orient.

Le Qatar dépend du passage par Ormuz pour ses cargaisons de GNL, l'AIE soulignant qu'une perturbation des flux de gaz naturel liquéfié dans ce détroit constituerait un choc d'offre important pour le marché mondial du gaz. Selon le Statistical Review of World Energy 2026 de l'Energy Institute, le commerce mondial de GNL a atteint 495,2 milliards de m3 en 2025, dont 124,1 milliards de m3 exportés depuis le Moyen-Orient.