Le Brent et le WTI restent proches de l’équilibre

Vers 09H45 GMT, soit 11H45 à Paris, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 0,38% à 84,63 dollars. Le West Texas Intermediate américain, échéance août, cédait 0,09% à 79,53 dollars.

Le marché pétrolier conserve une orientation limitée après la forte progression de lundi, déclenchée par les menaces de Donald Trump de prendre le contrôle du détroit d'Ormuz. Depuis trois séances, les cours n'ont pas prolongé ce mouvement, malgré la poursuite des frappes américaines et iraniennes.

Pour John Evans, analyste chez PVM Energy, le conflit semble « s'installer dans le quotidien et être plus ou moins ignoré... jusqu'au moment où cela ne sera plus possible », tant que les bombardements américains ne visent pas directement les infrastructures pétrolières iraniennes. Cette appréciation maintient l'attention des opérateurs sur le risque d'un choc physique d'offre plutôt que sur le seul niveau des tensions militaires.

Le trafic d'Ormuz reste sous surveillance

Les hostilités ont repris le 7 juillet entre les États-Unis et l'Iran après des attaques contre des navires dans le Golfe, attribuées à Téhéran. Le trafic s'est réduit dans le détroit d'Ormuz, passage maritime situé entre les eaux iraniennes et omanaises, après plusieurs attaques contre des pétroliers.

D'après des données de suivi maritime Kpler consultées par l'AFP, neuf navires transportant des matières premières ont été recensés mercredi dans cette zone, contre treize mardi. Avant la guerre, ce couloir concentrait environ un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié mentionnés par les acteurs du marché.

L'Energy Information Administration américaine évaluait les flux par Ormuz en 2024 et au premier semestre 2025 à plus d'un quart du commerce maritime mondial de pétrole et à environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole et de produits pétroliers. Pour le GNL, l'EIA estimait à 11,4 Bcf/d les volumes ayant transité par le détroit au premier semestre 2025, soit plus de 20% du commerce mondial de GNL, principalement depuis le Qatar.

La demande chinoise et le gazole pèsent sur l’équilibre du marché

La Chine a publié mercredi un ralentissement plus marqué que prévu de son activité au deuxième trimestre, avec une croissance de 4,3% sur un an après 5% au premier trimestre, selon les données officielles. Le Bureau national des statistiques chinois a également indiqué que la croissance sur l'ensemble du premier semestre 2026 atteignait 4,7% sur un an.

Selon John Evans, « la forte réduction des importations de brut de la Chine en 2026 » à « son niveau le plus faible depuis octobre 2016 » s'explique en partie par « la lenteur extrême de sa demande intérieure et de sa croissance ». L'analyste estime toutefois que le recul des achats chinois de brut tient surtout au niveau élevé des prix, alors même que l'économie du pays montrait déjà des fragilités l'an dernier.

Le marché des produits raffinés ajoute une tension distincte sur les prix. Le gazole a atteint mercredi son niveau le plus élevé depuis la mi-mai, après la décision annoncée le 8 juillet par la Russie d'interdire ses exportations de diesel afin de répondre aux pénuries de carburant intérieures provoquées par les frappes ukrainiennes contre ses raffineries.

La Russie demeure un producteur important de pétrole et de produits raffinés, ce qui rend cette restriction sensible pour les marchés régionaux du gazole. Le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak a présenté cette interdiction comme une mesure destinée à augmenter l'approvisionnement du marché intérieur.