Une aide employeur renforcée pour les trajets domicile-travail
Le ministre des Petites et Moyennes entreprises Serge Papin a présenté mardi 22 septembre, à Bercy, une amplification des dispositifs destinés à amortir la hausse des carburants pour les salariés et les entreprises. La prime carburant, versée à l'initiative des employeurs, doit désormais bénéficier d'un plafond porté à 1 000 euros, contre 600 euros auparavant.
Cette aide reste facultative pour l'entreprise et vise les frais de carburant engagés par les salariés pour leurs déplacements. Serge Papin a souligné qu'elle demeure défiscalisée et exonérée de cotisations salariales, en la présentant comme « une aide concrète au pouvoir d'achat, actionnable par les entreprises au bénéfice de leurs salariés ».
Selon le portail Entreprendre Service Public, dans une fiche vérifiée le 12 juin 2026, la prise en charge par l'employeur peut couvrir les frais de carburant ainsi que l'alimentation de véhicules électriques, hybrides rechargeables ou hydrogène, notamment via des titres-mobilité. Ce relèvement intervient dans un contexte de tension sur le prix à la pompe, dont les composantes incluent le produit hors taxes, la fiscalité énergétique et la TVA.
Le soutien au gazole non routier est prolongé
Le ministre a également annoncé la prolongation jusqu'au 31 décembre des aides au gazole non routier, le carburant utilisé notamment par les engins de chantier et certains matériels agricoles. Les secteurs du BTP et de l'agriculture sont explicitement visés par cette extension.
Avant cette nouvelle prolongation annoncée par Bercy, l'administration fiscale indiquait que le décret du 10 juin 2026 avait prorogé l'aide applicable aux livraisons de gazole non routier de mai à août 2026. Pour ces quatre mois, le montant publié était de 15 centimes d'euro par litre livré et par mois pour les entreprises éligibles réalisant des travaux agricoles ou forestiers.
Le soutien au gazole non routier répond à un enjeu de trésorerie pour des activités dont les consommations sont directement liées aux engins et matériels utilisés sur les chantiers, les exploitations et les travaux forestiers. Serge Papin a inscrit cette mesure dans un ensemble d'outils destinés à éviter que la hausse des produits raffinés ne se répercute trop rapidement sur les entreprises utilisatrices.
Bercy active aussi les leviers de trésorerie
Le ministre a demandé aux entreprises confrontées à des tensions financières de solliciter rapidement les services compétents. Il a cité les conseillers économiques départementaux et les commissaires aux restructurations et à la prévention des difficultés des entreprises, chargés d'accompagner les sociétés dans les reports de cotisations sociales ou les étalements de dettes fiscales.
Serge Papin a aussi rappelé l'existence de « prêts flash » distribués par BPI France pour les entreprises ayant besoin de liquidités à court terme. Ces instruments s'ajoutent aux aides ciblées sur les carburants, sans se substituer aux dispositifs fiscaux ou sociaux mobilisables au cas par cas.
Bercy maintient en parallèle la surveillance des marges de transport et de distribution. Le ministre a indiqué que l'administration ne constatait pas, à ce stade, d'effet d'aubaine, mais que des mesures d'encadrement des marges pourraient être prises rapidement en cas de dérapage.
Pour les demandes relatives à l'aide agricole et forestière déjà prorogée par décret, le guichet du mois d'août reste ouvert jusqu'au 31 octobre 2026, selon l'administration fiscale.