Une visite centrée sur le pétrole et l'électricité

Le chef du gouvernement irakien doit partir pour Washington avec une délégation de haut niveau, à l'invitation du président américain, a indiqué dimanche 12 juillet le porte-parole du gouvernement, Haidar al-Aboudi. La date précise de l'entretien avec Donald Trump n'a pas été annoncée.

Les échanges porteront principalement sur le développement des relations économiques, les investissements et les dossiers énergétiques, en particulier le pétrole et l'électricité, selon le porte-parole. La visite doit durer une semaine et Bagdad espère y convaincre de nouveaux investisseurs, dans un contexte de forte dégradation économique liée aux hostilités régionales et à l'arrêt des exportations de pétrole.

Plusieurs accords ont déjà été conclus ces derniers mois entre Bagdad et des entreprises pétrolières américaines. D'autres signatures sont attendues à Washington, dont un contrat prévoyant un échange de 500 000 barils de pétrole par jour contre une amélioration de l'approvisionnement électrique irakien.

Le désarmement des groupes pro-iraniens conditionne l'appui américain

Ali al-Zaidi a pris ses fonctions en avril avec l'assentiment de Washington, alors que les États-Unis demandent à Bagdad de désarmer les groupes pro-iraniens actifs en Irak. Ces factions sont accusées d'avoir mené des centaines d'attaques contre des infrastructures américaines dans le pays pendant la guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février.

Le porte-parole du gouvernement a présenté le rétablissement du monopole de l'État sur les armes comme une condition de stabilité et d'attractivité économique. Il a estimé que ce préalable devait permettre « d'assurer la stabilité intérieure [...] et attirer des investisseurs à même de stimuler » l'économie.

Le Premier ministre a promis de désarmer les groupes pro-iraniens, mais certaines factions puissantes refusent de s'aligner sur cette orientation. L'Irak tente depuis plusieurs années de maintenir un équilibre entre les États-Unis et l'Iran, deux partenaires essentiels de Bagdad mais adversaires stratégiques l'un de l'autre.

Une économie dépendante du brut et un réseau électrique défaillant

L'Irak figure parmi les membres fondateurs de l'OPEP et reste très dépendant de ses ventes de brut. D'après l'Energy Information Administration américaine, les recettes d'exportation pétrolière, essentiellement issues du brut, ont représenté environ 90% des recettes publiques irakiennes en 2023, sur la base des données du FMI.

Selon le rapport mensuel de l'Agence internationale de l'énergie publié en juillet 2026, la production irakienne de brut a été évaluée à 4,35 millions de barils par jour en mai 2026. Le 16 juin, l'OPEP a indiqué que sept pays de l'OPEP+, dont l'Irak, avaient examiné un ajustement de production de 188 000 barils par jour dans le cadre de leurs réductions volontaires.

Malgré ses ressources en hydrocarbures, l'Irak ne fournit que quelques heures d'électricité publique par jour à une grande partie de sa population. Les manifestations contre les coupures sont récurrentes, surtout pendant l'été, lorsque les températures atteignent régulièrement 50°C.

Washington a récemment repris les envois de liquidités correspondant aux revenus pétroliers irakiens, gérés depuis 2003 par la Réserve fédérale de New York. Ces transferts avaient été suspendus plus tôt cette année afin d'accentuer la pression sur Bagdad pour obtenir le désarmement des groupes armés soutenus par l'Iran.