Le prix du pétrole monte avant l'OPEP+, le marché anticipe de nouvelles coupes

  • AFP
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Les prix du pétrole montaient lundi, poussés par les attentes du marché d'une annonce de l'Arabie saoudite sur son niveau de production pour 2024 à l'approche d'une réunion ministérielle du groupe Opep+.

Vers 10h20 GMT (11h20 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier prenait 0,96% à 81,38 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en décembre, dont c'est le dernier jour de cotation, gagnait 0,87% à 76,55 dollars.

Le pétrole brut se redresse, "les spéculations sur une éventuelle extension des réductions de production par l'Opep (l'Organisation des pays exportateurs de pétrole) ayant permis d'atténuer la récente chute des cours", commente Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote. La prochaine réunion ministérielle de l'Opep et ses alliés (Opep+) doit se tenir dimanche à Vienne, siège de l'alliance.

Les prix des deux références mondiales du brut ont subi d'importantes pertes la semaine dernière "après une liquidation spectaculaire motivée par des craintes de surabondance de l'offre", explique Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy.

Les marchés pétroliers attendent donc avec d'autant plus d'impatience "la décision de l'Arabie saoudite concernant ses réductions volontaires de production de pétrole brut d'un million de barils par jour", poursuit-il.

Le leader de facto de l'Opep+ avait en effet décidé de réduire sa production d'un million de barils par jour en marge de la dernière réunion ministérielle du groupe, en juin dernier. Une réduction ensuite prolongée mensuellement jusqu'à septembre, puis jusqu'à la fin de l'année.

Emboîtant le pas de l'Arabie saoudite, la Russie avait également annoncé une réduction plus modeste de son offre, aussi prolongée jusqu'à fin 2023.

Les investisseurs attendent de savoir si Riyad "prolonge ces réductions sur 2024, s'il choisit de les réduire progressivement ou s'il les laisse simplement expirer à la fin de l'année", souligne M. Leon.

"Quelle que soit l'issue, la décision de l'Arabie saoudite aura des répercussions importantes sur les marchés pétroliers et, en particulier, sur le prix du pétrole l'année prochaine", avance-t-il.

"Malgré la résistance de l'Arabie saoudite", Tamas Varga, analyste de PVM Energy note que "la production du groupe Opep+ a augmenté d'environ 700 000 barils par jour entre août et octobre, y compris les pays membres qui n'ont pas de plafond de production" comme l'Iran.

À cela s'ajoute aussi "les tentatives incessantes et réussies de la Russie pour dissimuler ses niveaux de production et d'exportation" ainsi que "l'augmentation de la production américaine", poursuit-il. La situation de l'offre physique de brut n'est donc plus aussi tendue qu'il y a quelques mois.

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