Le PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy, rendra plus tard que prévu au gouvernement ses propositions détaillées de réorganisation de l'entreprise, initialement attendues en fin d'année, a-t-on appris vendredi.

"Nous ne pouvons que constater que le calendrier de la réforme de la régulation (du nucléaire) se décale, entraînant ainsi un décalage sur le calendrier du rapport que je dois rendre au gouvernement", écrit-il aux salariés d'EDF dans un courrier daté de jeudi et consulté vendredi par l'AFP.

Il rappelle en effet que sa priorité est une réforme de la régulation nucléaire, sans laquelle "il n'y a pas d'évolution de l'organisation qui soit justifiée".

Or, l'Etat va devoir discuter de ces questions avec la nouvelle Commission européenne. Les pouvoirs publics veulent réformer le système actuel, qui contraint EDF à vendre à ses concurrents une partie de son électricité à prix fixe (l'Arenh), très critiqué par l'électricien.

"La mise en place de la nouvelle Commission européenne, avec laquelle l'Etat doit mener des discussions, devrait permettre d'éclaircir la situation d'ici quelques mois", écrit Jean-Bernard Lévy.

Il devait jusqu'alors remettre ses propositions au gouvernement - qui les lui avait réclamées - à la fin de l'année.

Le projet de réorganisation "Hercule", présenté en juin dans ses grandes lignes, prévoit d'un côté un "EDF bleu" renationalisé comprenant le nucléaire, les barrages et le transport de l'électricité, et de l'autre un "EDF vert" avec Enedis (distribution), EDF Renouvelables, et la direction du commerce notamment, qui serait introduit en Bourse à hauteur de 35%. EDF est aujourd'hui propriété de l'Etat à hauteur de 83,5%.

Les propos de M. Lévy font écho à ceux du directeur général de l'Agence des participations de l'Etat (APE), Martin Vial, qui estimait vendredi que la réorganisation éventuelle d'EDF nécessiterait au préalable des discussions avec la Commission européenne sur la régulation du nucléaire.

Ces pourparlers prendront "plusieurs mois" et "on ne maîtrise pas ce calendrier", a précisé Martin Vial.

Le projet "Hercule" a pour but de permettre à EDF de pouvoir continuer à investir dans le nucléaire malgré son lourd endettement, tout en poursuivant sa diversification dans les renouvelables.

Les pouvoirs publics insistent sur le fait que le groupe resterait malgré tout intégré, alors que les syndicats et une partie de l'opposition craignent un démantèlement.

Les syndicats avaient mené une grève très suivie le 19 septembre et menacent de recommencer si le projet n'est pas retiré d'ici le 10 octobre. Ils ont été reçus par la ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, ainsi que par le PDG d'EDF, indique ce dernier.

"Cette mobilisation importante montre l'attachement fort des salariés aux missions et aux valeurs d'EDF, et met en évidence un message de vigilance, parfois d'inquiétude, dont nous sommes pleinement conscients", assure Jean-Bernard Lévy. Il propose aussi aux salariés "une concertation sociale large".

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