Une hausse encore soumise à l’arbitrage de l’exécutif
La proposition de la Commission de régulation de l’énergie concerne les tarifs réglementés de vente de l’électricité, applicables en France métropolitaine continentale aux clients éligibles ayant conservé cette offre. Le gouvernement conserve la décision finale, après avis du Conseil supérieur de l’énergie, auquel le projet de délibération de la CRE a été transmis.
La hausse moyenne proposée atteindrait 5,98 €/MWh toutes taxes comprises par rapport aux niveaux en vigueur. Pour un foyer consommant 4,5 MWh par an, niveau présenté par la CRE comme une moyenne française, la facture annuelle passerait de 1 046 euros TTC à 1 072 euros TTC.
À fin mars 2026, 19,37 millions de clients résidentiels avaient un contrat aux tarifs réglementés de vente de l’électricité en France métropolitaine continentale, selon la CRE. Ces tarifs se distinguent des offres de marché commercialisées par de nombreux fournisseurs depuis l’ouverture du secteur à la concurrence.
Le TURPE contribue à l’évolution proposée
La CRE rattache notamment sa proposition à l’augmentation du tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité, le TURPE. Cette composante d’acheminement s’ajoute, dans la construction des tarifs réglementés, aux coûts d’approvisionnement en électricité et aux prélèvements fiscaux.
L’autorité indépendante, chargée de veiller au bon fonctionnement des marchés de l’électricité et du gaz naturel, avait indiqué le 8 juin que les TURPE 7 évolueraient au 1er août 2026 de 3,04 % en moyenne pour la distribution en HTA-BT et de 3,34 % pour le transport en HTB. Elle estimait alors que cet effet réseau représentait, toutes choses égales par ailleurs, près de 1 % TTC sur les tarifs réglementés de vente.
La CRE mentionne aussi la hausse de la brique capacitaire des TRVE, liée à l’intégration du nouveau mécanisme de capacité et à la première enchère organisée le 6 juillet 2026. À l’inverse, l’accise sur l’électricité doit diminuer au 1er août 2026 pour les clients dont la puissance souscrite est inférieure ou égale à 36 kVA, de 30,85 €/MWh à 30,62 €/MWh, conformément à la loi de finances pour 2026.
La fin de l’ARENH reste dans le cadre tarifaire
Depuis le 1er janvier 2026, le marché français de l’électricité fonctionne sans l’ancien encadrement régulé des prix de la production nucléaire d’EDF, avec l’arrêt de l’ARENH. Ce changement a modifié la méthode d’approvisionnement retenue dans l’empilement des coûts servant à calculer les tarifs réglementés.
Fin 2025, Bercy assurait que « les prix des factures devraient être stables au moins en 2026 et en 2027 » pour les trois quarts des Français, présentés comme les clients au tarif réglementé de vente de l’électricité. Fin janvier, la CRE avait proposé au gouvernement une baisse moyenne de 0,8 % des tarifs réglementés au 1er février.
La présidente de la CRE Emmanuelle Wargon avait alors déclaré sur Franceinfo : « Ces tarifs avaient baissé de 15% en février dernier, ils n’avaient pas bougé depuis, et là on continue dans une stabilisation, et même une très légère baisse ».
Des ajustements de structure sont aussi envisagés
La délibération proposée ne porte pas seulement sur le niveau moyen des tarifs. La CRE prévoit d’ouvrir l’option heures pleines heures creuses aux puissances souscrites de 3 kVA, afin que les consommateurs aujourd’hui en option Base 3 kVA puissent accéder à un signal tarifaire différencié.
L’autorité propose également un tarif distinct pour l’option Tempo 24 kVA, alors que l’abonnement était jusqu’ici identique à celui de la puissance 30 kVA. En outre-mer, elle prévoit la suppression de l’option historique Base des tarifs Bleus + au 1er août 2026, avec bascule vers l’option historique heures pleines heures creuses au bout d’un an pour les clients n’ayant pas changé d’option.
La CRE indique enfin que les orientations du deuxième volet de sa consultation publique lancée le 22 mai 2026 pourraient être intégrées lors du prochain mouvement des tarifs réglementés, prévu le 1er février 2027.