Un portefeuille diplomatique désormais adossé au commerce extérieur
Johann Álvarez Márquez, ministre vénézuélien du Commerce extérieur depuis fin mars, devient chargé d'affaires de la République bolivarienne du Venezuela aux États-Unis. Il succède à Félix Plasencia, qui dirigeait jusqu'ici la mission diplomatique vénézuélienne à Washington et qui a été nommé le 13 juillet ministre des Affaires étrangères.
Delcy Rodríguez a simultanément regroupé les Affaires étrangères et le Commerce extérieur dans un même portefeuille gouvernemental. Cette fusion confie à Plasencia un périmètre couvrant à la fois la représentation diplomatique du pays et la conduite de sa politique commerciale internationale.
La présidente par intérim a annoncé sa décision sur Telegram en assignant à Álvarez Márquez la mission de « représenter les intérêts de notre pays et de faire avancer cette nouvelle étape de dialogue, de coopération et de respect mutuel ». La formulation situe la nomination dans la reprise graduelle des canaux officiels avec Washington.
Washington redevient un interlocuteur central pour Caracas
Le changement d'émissaire intervient après l'accord conclu début mars entre les États-Unis et le gouvernement intérimaire de Delcy Rodríguez pour rétablir les relations diplomatiques et consulaires. Les deux pays avaient rompu ces canaux officiels avant cette reprise, dans un contexte politique dominé par la capture de l'ancien président Nicolás Maduro lors d'une opération militaire américaine en janvier.
Rodríguez gouverne à la place de Maduro, actuellement détenu aux États-Unis. Washington affirme exercer le contrôle du pays, dont la position reste stratégique sur le marché du pétrole.
Le Venezuela disposait de 303,2 milliards de barils de réserves prouvées de brut à la fin 2024, selon le Bulletin statistique annuel 2025 de l'OPEP. L'Agence internationale de l'énergie indiquait dans son rapport pétrolier de juillet 2026 que le Venezuela, avec l'Iran et la Libye, restait exempté des réductions de production appliquées dans le cadre OPEP+.
Le remaniement accompagne une crise intérieure majeure
Le remaniement du cabinet intervient après les deux séismes qui ont frappé le Venezuela le 24 juin. Les secousses successives, de magnitude 7,2 puis 7,5, ont fait plus de 4 500 morts, laissé des milliers de personnes disparues et provoqué l'effondrement ou la dégradation de centaines de bâtiments.
Cette catastrophe pèse sur la capacité d'action du gouvernement intérimaire au moment où celui-ci recompose ses relais diplomatiques. Le Programme des Nations unies pour le développement a estimé le 26 juin les pertes économiques liées aux séismes à 6,7 milliards de dollars.
Les Nations unies ont lancé le 8 juillet un appel de 296 millions de dollars pour soutenir l'aide aux survivants et viser 1,3 million de personnes sur six mois. Cette enveloppe concerne notamment l'accès aux services essentiels, l'assistance aux déplacés et la continuité des opérations humanitaires dans les zones touchées.