Une défaillance partie de l’ouest du pays

L’Union électrique de Cuba a indiqué que la panne avait été réparée tôt dimanche, permettant la réalimentation de la capitale et de quatre provinces. La défaillance avait touché le réseau électrique national samedi à 18h07, heure locale, soit 22h07 GMT.

Selon la compagnie publique, l’incident correspondait à une défaillance « partielle du SEN (Système électrique national) » provoquée par un dommage sur le réseau. La zone affectée couvrait l’ouest de l’île, avec La Havane parmi les territoires privés d’électricité.

La crise énergétique cubaine s’inscrit dans une dégradation de longue durée. Depuis cinq ans, le pays subit une crise économique sévère et des interruptions électriques récurrentes, liées à la vétusté des infrastructures de production et de transport ainsi qu’à l’insuffisance de carburant.

Le manque de carburant fragilise le système

Les coupures se sont intensifiées depuis janvier, après l’instauration par Washington d’un blocus pétrolier qui complique l’approvisionnement des centrales et des groupes de secours. Ces équipements fonctionnent généralement avec du diesel importé, ce qui rend leur disponibilité dépendante des arrivages de produits pétroliers.

Faute de réserves suffisantes, Cuba, qui compte 9,4 millions d’habitants, ne peut pas mobiliser ces moyens d’appoint au niveau nécessaire. Depuis janvier, les autorités américaines n’ont autorisé, selon les éléments disponibles, qu’un pétrolier russe chargé de 100 000 tonnes de brut à accoster dans l’île, en mars.

Dans une note du 30 juillet, l’Union électrique de Cuba évaluait à 2 165 MW la plus forte affectation du service électrique la veille, avec un impact dans toutes les provinces, et prévoyait 2 280 MW d’affectation pour la journée. Le même document faisait état de 106 centrales de génération distribuée hors service pour indisponibilité de combustible.

Des coupures répétées à La Havane et dans les provinces

À La Havane, les habitants décrivent une désorganisation quotidienne provoquée par des interruptions prolongées. « Nous vivons pratiquement comme des lucioles, toujours dans le noir. On ne sait jamais quand l’électricité reviendra, c’est notre triste réalité », a déclaré Julian Gonzalez, charpentier de 72 ans.

Comme d’autres riverains du Malecon, la promenade et digue du front de mer de la capitale, Julian Gonzalez était sorti prendre l’air pendant la coupure. « C’est mieux que de rester à la maison à ruminer », a-t-il ajouté.

Au cours des dernières semaines, les interruptions ont dépassé 30 heures consécutives à La Havane. À l’intérieur du pays, certaines coupures peuvent durer plusieurs jours, dans un système où la pénurie de combustible limite aussi le recours aux générateurs de secours pendant les opérations de réalimentation.

Depuis le début de l’année, Cuba a connu cinq coupures de courant généralisées, dont trois en juillet en moins de dix jours. Depuis la fin 2024, l’île a subi dix effondrements complets de son réseau électrique.

Washington durcit la pression sur La Havane

Selon la compagnie électrique cubaine, le manque de carburant augmente la vulnérabilité du système aux pannes et ralentit les travaux de rétablissement. Les autorités cubaines attribuent une partie de cette fragilité aux restrictions américaines sur les livraisons de pétrole et de produits raffinés.

Les relations entre les États-Unis et Cuba se sont nettement tendues depuis le début de l’année, notamment après la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro, allié du gouvernement cubain. Donald Trump considère que l’île communiste, située à 150 kilomètres des côtes de Floride, représente « une menace extraordinaire » pour la sécurité nationale des États-Unis.

Le président américain a aussi averti à plusieurs reprises qu’il pourrait en « prendre le contrôle ». Cette pression diplomatique et énergétique intervient alors que les centrales et les générateurs cubains restent dépendants de carburants importés pour maintenir le service électrique et rétablir le réseau après incident.