Le transport électrique concentre plusieurs aides ciblées
La réunion organisée par le ministère chargé de l'Énergie doit dresser l'état d'avancement des 22 mesures annoncées dans le cadre du plan gouvernemental. Selon le ministère, plusieurs dispositifs sont déjà opérationnels et d'autres doivent entrer en application dans les prochaines semaines ou les prochains mois, avec l'objectif de réduire la consommation de carburants fossiles au profit de l'électricité.
Le ministère doit présenter la liste des modèles correspondant aux 50 000 véhicules intégrés à la troisième édition du leasing social, dont l'ouverture est prévue le 16 juillet. L'aide est portée à 9 500 euros pour les voitures, batteries et moteurs produits en Europe.
À partir du 1er septembre, les ménages modestes qualifiés de gros rouleurs, parcourant plus de 12 000 km par an pour leur activité professionnelle, pourront obtenir jusqu'à 7 600 euros pour un véhicule électrique fabriqué en Europe. Le gouvernement indique aussi que les aides aux utilitaires, poids lourds, engins de chantier et matériels agricoles électriques sont déjà effectives.
L'exécutif veut porter à 400 000 le nombre de bornes de recharge d'ici 2030, via le programme Advenir, qui doit être renouvelé et doté de 400 millions d'euros. Le programme Advenir, piloté par l'Avere-France avec le ministère de la Transition écologique et l'Ademe dans le cadre des certificats d'économies d'énergie, affiche déjà un budget de 520 millions d'euros pour financer 250 000 nouveaux points de recharge d'ici 2027, selon sa présentation en vigueur.
Les pompes à chaleur visent les logements chauffés au gaz ou au fioul
Le second dispositif opérationnel porte sur des pompes à chaleur air-eau réversibles, avec une offre groupant installation et maintenance à partir du 1er octobre. Bercy présente ce mécanisme comme un moyen d'élargir l'accès aux pompes à chaleur au-delà des ménages les plus aisés.
Pour un foyer chauffé aujourd'hui au gaz ou au fioul, le schéma retenu prévoit de maintenir pendant trois ans une facture équivalente à la situation actuelle afin d'amortir l'équipement, avant que le passage à l'électricité ne réduise la dépense énergétique. Les pompes à chaleur air-air bénéficient, de leur côté, d'une TVA réduite.
Le ministère relie aussi les pompes à chaleur réversibles à la hausse attendue des besoins de rafraîchissement, les épisodes de canicule, dont celui en cours, étant appelés à devenir plus fréquents en France. Le plan d'électrification a été annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu avant le déclenchement de la guerre dans le Golfe.
Bercy affirme que ce programme doit combiner souveraineté énergétique, baisse des émissions, soutien à l'industrie et protection du pouvoir d'achat. L'exécutif vise, en cinq ans, une réduction de la part des énergies fossiles dans le mix énergétique français de 60 % à 40 %, qualifiée par le ministère d'« accélération historique ».
Les territoires et le réseau doivent suivre la hausse des usages
Sur le volet local, le gouvernement indique que les 100 territoires d'électrification retenus seront annoncés prochainement. Plus de 200 candidatures ont été reçues, après une instruction signée le 12 mai demandant aux préfets de région d'identifier des communes, intercommunalités ou regroupements d'intercommunalités candidats.
Le contexte électrique français constitue l'un des arguments de cette stratégie. Dans son Bilan électrique 2025, RTE évalue la production électrique bas-carbone à 521,1 TWh sur une production totale de 547,5 TWh, tandis que la consommation corrigée des effets météorologiques et calendaires atteignait 451 TWh en France métropolitaine.
Parmi les autres mesures, le gouvernement prévoit l'interdiction des chaudières à gaz dans les bâtiments neufs à partir du 1er janvier 2027 et un fléchage de MaPrimeRénov' vers l'électrification au 1er septembre. Un appel à projets doit aussi soutenir les artisans qui basculent leurs équipements vers l'électricité, notamment les fours de céramistes et de boulangers, les plaques de cuisson de restaurants et les rôtissoires de bouchers.
L'État s'engage à ce que 100 % des véhicules acquis lors des renouvellements annuels de son parc soient électriques. Côté infrastructure, la réforme destinée à faciliter l'accès au réseau électrique à haute tension doit être finalisée d'ici la fin de l'année, en privilégiant les projets prêts les premiers plutôt que les premiers inscrits, et un décret interdisant la publicité pour les énergies fossiles doit être publié avant la même échéance.