Un « réacteur nucléaire en construction »

Des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique ont vérifié en août deux emplacements en Syrie : le site de Deir Ezzor, dans l’est du pays, et un second lieu associé à des matières nucléaires récemment identifiées par les autorités syriennes. Selon le rapport confidentiel, les informations fournies par Damas et les contrôles conduits sur plusieurs sites permettent à l’agence d’établir que les anciennes autorités syriennes n’ont pas déclaré des matières, des installations et des activités nucléaires relevant de leurs obligations.

L’AIEA recense à Deir Ezzor un « réacteur nucléaire en construction », une usine de fabrication de combustible destinée à l’alimenter, un site de stockage et des déchets d’uranium. Dans le document, le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, salue « la transparence et la coopération de la Syrie avec l'agence ». Le rapport ajoute que Damas a transmis les rapports de comptabilité des matières nucléaires et les informations de conception demandés pour les installations concernées.

Environ 73 tonnes d’uranium naturel identifiées

Le 18 août, l’AIEA et les autorités syriennes avaient annoncé la découverte de « quelques tonnes de matières nucléaires » sur un site « non déclaré », présenté comme un « héritage de l'ancien régime » et signalé en juillet par Damas. Le rapport chiffre désormais ces matières à environ 73 tonnes d’uranium naturel. Sur ce total, l’AIEA indique avoir identifié environ 55 tonnes sous forme de barres de combustible, le reste correspondant à des déchets

Le site de Deir Ezzor est fermé depuis 18 ans. Israël a reconnu en 2018 l’avoir bombardé onze ans auparavant, en affirmant avoir visé un réacteur nucléaire en cours de construction. En 2008, des responsables américains avaient accusé la Syrie d’avoir tenté de bâtir un réacteur secret, détruit selon eux lors de cette frappe.

L’AIEA avait déjà déclaré en 2011 que le site était « très probablement » un réacteur nucléaire, construit selon elle avec l’aide de la Corée du Nord. En 2025, l’agence avait indiqué que des échantillons environnementaux prélevés lors d’une inspection menée en 2024 sur des lieux liés à Deir Ezzor contenaient des particules d’uranium naturel d’origine anthropique.

Surveillance maintenue avant la réunion de Vienne

La visite de Rafael Grossi est intervenue après des informations du média américain Axios attribuées à des responsables américains et israéliens. Selon ces informations, Washington et l’AIEA avaient conclu un accord prévoyant le retrait par l’agence de matières nucléaires entreposées sur un site clandestin en Syrie, après avoir trouvé des terrains d’entente avec la Syrie et Israël.

Le Conseil des gouverneurs de l’AIEA doit se réunir la semaine du 7 septembre à Vienne, où l’agence a son siège. L’AIEA a indiqué mardi qu’elle allait « continuer de surveiller les activités sur le site » actuellement en cours d’excavation.