Les énergies renouvelables bientôt toutes compétitives par rapport aux fossiles selon l'Irena

  • AFP
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Les coûts de l'éolien et du solaire vont encore baisser fortement ces prochaines années au point que ces deux énergies seront globalement moins chères que les énergies fossiles (fuel, gaz, charbon), mais les autres énergies vertes progressent également rapidement, selon une étude publiée samedi par l'Agence internationale des énergies renouvelables (Irena).

"Toutes les technologies renouvelables seront compétitives par rapport aux énergies fossiles en 2020", estime l'Irena dans un nouvelle étude sur les coûts des énergies vertes. Les coûts moyens des renouvelables devraient atteindre entre 30 et 100 dollars le mégawattheure (MWh) en fonction des technologies (éolien, solaire, géothermie, biomasse, etc.), quand les énergies fossiles affichent des coûts entre 50 et 170 dollars le MWh, note l'étude. Ils varient en fonction des pays, selon les gisements en énergie ou les réglementations.

Déjà l'an dernier, les coûts moyens des nouveaux projets de parcs d'éolien terrestre et de centrales solaires ont fluctué entre 60 et 100 dollars le MWh, avec plusieurs records en dessous de cette moyenne. Cela a été le cas aux Emirats arabes unis, au Chili, au Mexique et au Pérou dans le solaire. Dans l'éolien, des projets sont déjà régulièrement mis en service avec un coût de 40 dollars le MWh.

Les baisses de coûts sont tirées par l'amélioration constante des technologies mais aussi une concurrence qui s'accentue avec de nombreuses entreprises qui développent des projets d'énergies renouvelables, remarque l'étude. "Se tourner vers les renouvelables (...) n'est plus simplement une décision faite au nom de l'environnement mais, de plus en plus largement, une décision économique intelligente", selon Adnan Z. Amin, directeur général de l'Irena, cité dans le communiqué.

Les "meilleurs" projets éoliens terrestre et solaire pourraient ainsi produire une électricité à un coût de 30 dollars par MWh, voire moins dans les deux prochaines années. Et cette baisse des coûts s'observe aussi pour les autres énergies renouvelables, note l'Irena. L'an dernier, des projets dans la géothermie, la biomasse ou l'hydroélectricité se sont développés avec des coûts autour de 70 dollars le MWh.

Le solaire à concentration et l'éolien en mer font également des progrès et certains projets qui seront mis en service d'ici 2020 et 2022 coûteront entre 60 et 100 dollars le MWh, prévoit l'Irena. "Cette nouvelle dynamique témoigne d'un changement significatif de modèle énergétique", selon M. Amin.

Commentaires

Pierre-Ernest

Les subventions à ces technologies ne sont donc plus nécessaires !
Bonne nouvelle qu'il faudrait transmettre à tous les opérateurs...
Au fait, le problème de l'intermittence est-il lui aussi réglé ?

Anti-nucléaire

Contrairement au nucléaire qui existe depuis 50 ans et qui a toujours besoin de subventions gargantuesques

Pierre-Ernest

C'est un lieu commun propagé par les organisations anti-nucléaires de prétendre que le nucléaire, ainsi d'ailleurs que les énergies fossiles sont arrosés par des subventions gigantesques. En réalité, les études sérieuses indiquent que les subventions accordées aux énergies en Europe sont surtout orientées vers les renouvelables. Voir https://ec.europa.eu/energy/sites/ener/files/documents/ECOFYS%202014%20…
Le caractère "gargentuesque" des subventions accordées au nucléaire en France prend son origine dans un rapport commandé par Greenpeace et daté de 1998. Les conclusions de ce rapport étaient naturellement connues avant qu'il ait été écrit... Et pour arriver à "démontrer" le caractère "faramineux" de ces subventions, les auteurs ont été obligés de se livrer à de savantes et pitoyables circonvolutions comme par exemple de compter comme subventions le coût du démontage de Superphénix exigé par... les écolos. Ou encore de compter comme subventions les prétendues commandes d'avance des derniers réacteurs installés en France...
Cela dit, le nucléaire a besoin, comme toute industrie d'avenir, de dépenses R&D significatives pour préparer un développement qui ne peut pas être assuré par les renouvelables sans production fatale de CO2 comme le démontre en vrai grandeur le cas de l'Allemagne. Que les partisans du "tout renouvelable" n'aient pas prévu ce gigantesque écueil en dit long sur le sérieux de leur réflexion...

Albert C

En effet, il ne s'agit pas de subventions (lesquelles soutiennent des initiatives privées) : c'est un financement public à part entière depuis le début de l'histoire du nucléaire, qui a commencé par l'achat de technologies et licences américaines sur fonds publics pour les installations industrielles, et par la recherche publique civile ou militaire, les deux étant imbriquées depuis les origines. Donc c'est encore pire que des subventions, qui ne seraient qu'un complément, une béquille.
Et plus le nucléaire va mal, plus il est renfloué à coups de MILLIARDS d'argent public, la dernière en date cet été, dans un silence médiatique quasi général. C'est pas Greenpeace qui le dit Pierre Ernest, c'est, entre autres, la Cour des comptes, et les organes de presse dignes de ce nom, car heureusement que la transparence commence à se faire sur les coûts et le financement de cette industrie. Tout simplement parce qu'étant désormais en partie privatisée, quand elle est dans le rouge, ça se voit malgré toutes les tentatives de dissimulation et de diversion. Et on voit aussi qui paie sans que ce soit noyé dans d'autres comptes : il suffit de voir le cours des actions EDF ou Areva pour voir qu'il ne reste rien d'autre que des fonds publics pour payer la note. Quel financier ou capitaliste un peu sensé voudrait investir dans un truc aussi risqué, complexe, cher et absurde ? Seule solution : l'Etat, auparavant directement, maintenant devenu "actionnaire"... Le nucléaire est non seulement une aberration technologique et morale, mais aussi économique.
Le problème avec le nucléaire, c'est qu'il ne contamine pas seulement des millions de tonnes de déchets, l'eau, l'air, la terre, la mer, mais aussi profondément et durablement la société, les idées et les cerveaux, en particulier des "élites" technocratiques, économiques et politiques, qui détiennent le pouvoir. Et comme pour le reste, on n'a pas de traitement.

Pierre-Ernest

EDF est placée dans une situation très difficile en raison de deux décisions contradictoires :
- D'une part la loi sur la transition énergétique votée en 2015, et qui prévoit une diminution de la part du nucléaire (et donc une augmentation du renouvelable) à des date définies. EDF doit donc s'adapter et investir dans la production d'électricité à l'aide du vent ou du soleil. (Malheureusement, les auteurs de la loi ont simplement "oublié" que les renouvelables doivent être absolument "soutenues" par des centrales fonctionnant aux énergies fossiles, ce qui fait qu'en pratique, la diminution de la part du nucléaire se traduit, mécaniquement, par une augmentation de la production de CO2).

- D'autre part la catastrophe de Fukushima a conduit l'Autorité de Sureté Nucléaire à demander aux opérateurs de mettre en place des mesures de sécurité d'un niveau jamais atteint, ce qui a provoqué, pour EDF, une deuxième obligation d'investissements massifs.

EDF a résolu son besoin de capitaux en faisant ce que font toutes les entreprises en face de telles obligations, c'est à dire en opérant une augmentation de son capital, tandis que l'État s'est réservé une part importante de cette augmentation de capital (pour 3 milliards) sachant en plus que ces 3 milliards doivent être payés à EDF en actions supplémentaires, ce qui évite à l'État de sortir de l'argent frais et donc de suremprunter.
"Quel financier ou capitaliste un peu sensé voudrait investir dans un truc aussi risqué, complexe, cher et absurde ? Seule solution : l'État, auparavant directement, maintenant devenu "actionnaire"... Le nucléaire + les renouvelables sont non seulement une aberration technologique et morale, mais aussi économique".
Malheureusement, EDF ne peut pas se tourner vers la production de foie gras ou encore de cirage par exemple, car cette entreprise fortement possédée par l'État se doit de produire de l'électricité pour les Français qui en ont besoin.
Il ne faut pas considérer que les besoins massifs d'argent pour EDF doivent être exclusivement mis sur le compte du nucléaire. C'est juste faux.

La solution à ce délicat problème pourrait être :
1) d'arrêter d'avoir des a priori sur la production d'énergie par un système qui émet, tout compris, moins de CO2 que l'éolien et le solaire.
2) de se demander, à propos de la loi sur la transition énergétique si on ne devrait pas réfléchir plus longtemps à l'aide d'experts avant de faire exécuter une loi aux conséquences stupides.
3) de considérer les choses froidement et sans idées préconçues : Seule la catastrophe de Tchernobyl a tué des personnes avec des rayonnements d'origine nucléaire. Mais ce n'était pas une catastrophe nucléaire : c'était une catastrophe soviétique.

En attendant que l'on mette au point des batteries capables de stocker l'électricité des panneaux solaires ou des éoliennes, utilisons les moyens existants (le nucléaire) pour essayer de produire du courant sans émettre de CO2. Et ne scions pas la branche sur laquelle nous sommes assis...

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