Des frappes américaines dans le sud iranien
Le Commandement américain pour le Moyen-Orient a indiqué sur X que les forces américaines avaient engagé une nouvelle séquence de frappes aériennes sur instruction du président américain Donald Trump. Le Centcom a présenté l’opération comme destinée à affaiblir les moyens iraniens pesant sur la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz et à « punir rapidement » les Gardiens de la Révolution.
Les agences iraniennes Mehr et Tasnim ont signalé des frappes à Sirik, port de la province méridionale d’Hormozgan situé face au détroit. L’agence officielle Irna a de son côté rapporté une « attaque militaire ennemie américaine près d’Hajiabad », également dans le sud du pays.
Deux soldats américains tués en Jordanie
Avant cette riposte, le Centcom avait fait état de deux militaires américains tués et d’un troisième porté disparu lors d’attaques iraniennes de missiles et de drones le 17 juillet en Jordanie. Ces décès sont les premiers enregistrés par l’armée américaine depuis la reprise des hostilités le 7 juillet.
Le bilan américain atteint désormais 16 militaires tués depuis le début de la guerre, déclenchée fin février par l’offensive israélo-américaine contre l’Iran. La reprise des combats a porté l’escalade à un niveau inédit depuis le cessez-le-feu conclu en avril, puis le protocole d’accord signé le 17 juin pour faire taire les armes.
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a accusé Washington de chercher à relancer la guerre. Dans un message écrit relayé par la télévision d’État, il a affirmé que « la chère nation iranienne et le front de la résistance ont des leçons inoubliables à lui offrir ».
Khamenei a également dénoncé la « violation répétée » du protocole du 17 juin et estimé que cette séquence démontrait que « la signature du président américain est sans valeur ». Selon le ministère iranien de la Santé, les frappes américaines ont tué au moins 50 personnes et blessé plus de 500 autres depuis le 27 juin.
Les infrastructures énergétiques du Golfe visées
Téhéran a annoncé avoir frappé une base aérienne utilisée par les États-Unis en Jordanie, ainsi que des installations militaires et des infrastructures civiles au Koweït. Bahreïn, qui accueille une importante base navale américaine, a également été attaqué.
Au Koweït, les autorités ont indiqué qu’un site pétrolier qualifié de « vital » avait subi de lourds dégâts. Plusieurs unités de production d’une centrale électrique et de dessalement ont aussi été arrêtées, après qu’une installation comparable avait déjà été touchée la veille.
La température a atteint 47°C au Koweït, où les autorités ont condamné le ciblage d’« infrastructures essentielles ». Le Conseil de coopération du Golfe, qui regroupe les pétromonarchies de la région, a dénoncé des « crimes de guerre ».
Ali Mahmoud, un Égyptien de 46 ans employé par un fournisseur d’électricité koweïtien, a décrit « la peur de voir des coupures d’électricité » dans un contexte d’appels publics à réduire la consommation et à éteindre les équipements non indispensables. Il a également évoqué « l’inquiétude » de la population face au risque de diffusion du conflit.
Le trafic maritime à nouveau paralysé à Ormuz
Dans la province iranienne d’Hormozgan, les autorités locales ont affirmé que les frappes américaines avaient « complètement détruit » une station de pompage d’eau de mer et un transformateur électrique alimentant une usine de dessalement. Ces dommages s’ajoutent aux incidents maritimes signalés dans le détroit d’Ormuz, dont la réouverture par l’Iran constituait le principal acquis du protocole du 17 juin.
Selon l’Agence internationale de l’énergie, les flux pétroliers via Ormuz étaient remontés d’un point bas de 9,6 millions de barils par jour en mai à environ 12 millions de barils par jour début juin, avant la nouvelle dégradation du trafic. Avant la guerre, près d’un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures transitait par ce passage stratégique.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont prévenu que les frappes se poursuivraient jusqu’au retour du calme sur la côte sud iranienne et dans le détroit. Les États-Unis ont parallèlement rétabli le blocus des ports iraniens, mesure qu’ils avaient levée après la signature du protocole d’accord.