Les nouvelles transactions pétrolières sont interdites
Le ministère américain des Finances a publié mardi un document prohibant, dès le même jour, les nouvelles transactions portant sur des hydrocarbures iraniens. Les contrats conclus après le 21 juin peuvent encore être menés à leur terme, avec une échéance fixée au 17 juillet.
Un responsable gouvernemental américain, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a justifié cette décision par la situation dans le détroit d’Ormuz. « Les agissements de l'Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des Etats-Unis et ne resteront pas impunis », a-t-il déclaré.
Un revirement après la suspension décidée fin juin
Cette réactivation marque un changement brutal de ligne américaine. Fin juin, Washington avait suspendu jusqu’au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre d’un protocole d’accord avec Téhéran destiné à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient.
Ce protocole prévoyait notamment la reprise du trafic maritime à Ormuz. Plusieurs navires ont toutefois été attaqués récemment dans ce passage stratégique, et le Qatar ainsi que l’Arabie saoudite ont attribué à Téhéran la responsabilité de deux de ces attaques.
Ormuz reste un point de passage majeur pour les hydrocarbures
Le conflit avait commencé fin février par des bombardements israélo-américains contre l’Iran. La République islamique avait ensuite frappé Israël et des intérêts américains dans les pays du Golfe, tout en bloquant la navigation à Ormuz, ce qui avait provoqué une forte hausse des cours pétroliers avant leur repli.
Le détroit d’Ormuz concentrait en 2024 environ 20 millions de barils par jour de flux pétroliers, soit près de 20 % de la consommation mondiale de liquides pétroliers, selon l’Energy Information Administration américaine. La même source estimait qu’en 2024 environ 20 % du commerce mondial de GNL transitait aussi par ce passage, principalement depuis le Qatar.
La décision américaine réduit de nouveau l’espace légal pour les acheteurs, négociants, transporteurs et assureurs impliqués dans les flux d’hydrocarbures iraniens. Les opérations postérieures au 21 juin ne bénéficient d’une période de liquidation que jusqu’au 17 juillet.