Les transactions pétrolières iraniennes à nouveau interdites
Le ministère américain des Finances a publié mardi un document interdisant les « nouvelles transactions » portant sur les hydrocarbures iraniens à compter de cette même date. Un responsable gouvernemental américain, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a justifié cette décision par les incidents survenus dans le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour les flux mondiaux de pétrole et de GNL.
« Les agissements de l'Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des États-Unis et ne resteront pas impunis », a déclaré ce responsable. La mesure revient sur l'allègement prévu par le protocole d'accord signé le 17 juin entre Washington et Téhéran, qui associait la réouverture du détroit à la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.
Le département du Trésor américain avait accordé le 22 juin, via l'Office of Foreign Assets Control, une licence générale autorisant jusqu'au 21 août 2026 la production, la livraison et la vente de pétrole brut, de produits pétroliers et de produits pétrochimiques d'origine iranienne. La décision annoncée mardi met fin à cette fenêtre de transactions avant son échéance initiale.
Trois navires touchés en 24 heures
L'agence britannique de sécurité maritime UKMTO a fait état de trois navires frappés en l'espace de 24 heures dans la zone d'Ormuz. Dans l'un des incidents signalés mardi, un pétrolier a été atteint par un projectile non identifié et a subi « des dommages structurels ».
UKMTO a aussi rapporté qu'un navire-citerne avait été touché par un drone d'origine inconnue. Dans les trois cas recensés, l'agence n'a signalé ni blessé ni pollution.
Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux attaques à l'Iran, malgré le cessez-le-feu conclu entre Téhéran et Washington. Riyad a condamné « le ciblage par la République islamique d'Iran du pétrolier saoudien Wedyan » et celui « du méthanier qatari Al-Rakayyat », dénonçant « une atteinte à la sécurité de la navigation internationale et à la sécurité des approvisionnements énergétiques mondiaux ».
Le Qatar avait auparavant convoqué le chargé d'affaires iranien pour protester contre l'attaque visant son méthanier. Le ministère qatari des Affaires étrangères a indiqué lui avoir remis une note demandant à Téhéran de « cesser immédiatement toute pratique portant atteinte à la sécurité régionale » ainsi qu'à « la sécurité de la navigation internationale et l'approvisionnement énergétique mondial », tout en réclamant « sans délai des explications sur cette attaque ».
Le protocole du 17 juin fragilisé
L'Iran et les États-Unis ont signé le 17 juin un protocole d'accord destiné à mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre Téhéran. Ce texte prévoyait notamment la reprise du trafic dans le détroit d'Ormuz, fermé par l'Iran pendant le conflit.
En temps normal, environ 20 % du brut et du GNL mondial transitent par ce corridor maritime. Sa fermeture avait provoqué une forte hausse des prix énergétiques et mis sous tension les approvisionnements internationaux, avant la reprise progressive de la navigation après l'accord de juin.
Les autorités iraniennes contestent toutefois un retour au régime antérieur, dans lequel les navires empruntaient gratuitement ce passage. Téhéran affirme vouloir imposer un itinéraire le long de ses côtes et menace les bâtiments qui chercheraient à contourner cette route autorisée.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a dénoncé une mise en cause « inacceptable » de la part du Qatar. Cette réaction intervient après les protestations officielles de Doha et de Riyad, qui lient directement les attaques à la sécurité des flux énergétiques dans le Golfe.
Des tensions militaires encore récentes
Fin juin, les États-Unis avaient bombardé l'Iran après avoir accusé Téhéran d'avoir visé deux navires. L'Iran avait répliqué en ciblant deux voisins du Golfe, le Koweït et Bahreïn, avant que Washington et Téhéran ne conviennent de suspendre ces hostilités.
Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l'Iran avait « tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux », en citant deux responsables américains. Selon l'un d'eux, un second bâtiment aurait été touché et présenterait des dégâts importants, mais ces informations n'ont pas été confirmées de manière indépendante.
La nouvelle séquence de tensions intervient pendant les funérailles nationales de six jours organisées depuis samedi en Iran pour le guide suprême Ali Khamenei. Tué le premier jour de la guerre par des frappes israélo-américaines, son corps est arrivé en Irak pour des processions à Najaf et Kerbala, deux villes abritant des sanctuaires majeurs du chiisme.