Un blocus rétabli à 20 h 00 GMT
Les États-Unis ont remis en place mardi 14 juillet à 20 h 00 GMT le blocage maritime visant les ports iraniens, parallèlement à de nouveaux bombardements contre l’Iran. Cette séquence constitue l’escalade militaire la plus importante depuis le cessez-le-feu d’avril et fragilise le protocole d’accord conclu le 17 juin.
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi a accusé Washington d’avoir « démantelé » ce protocole en rétablissant le blocus naval. Donald Trump a, de son côté, répété ses menaces contre Téhéran sur Fox News, affirmant que « La semaine prochaine, ça va vraiment mal tourner pour eux », sauf si les autorités iraniennes acceptent de « s’asseoir à la table des négociations ».
Le président américain a évoqué la possibilité de viser des ponts et des centrales électriques en Iran. Il avait transmis la semaine précédente une notification officielle au Congrès pour signaler la reprise du conflit, ouvert le 28 février par des frappes israélo-américaines.
La taxe de 20 % sur Ormuz est abandonnée
La Maison-Blanche a renoncé à prélever une redevance de 20 % sur les navires franchissant le détroit d’Ormuz. Donald Trump avait indiqué lundi vouloir faire payer le passage en échange d’une protection américaine de cette route maritime, une logique proche de celle envisagée par Téhéran.
Dans un message publié mardi sur Truth Social, le président américain a remplacé ce projet par des « accords de commerce et d’investissements » avec les monarchies du Golfe. L’abandon de cette taxe a contribué à calmer partiellement la hausse du Brent, après une envolée de plus de 9 % lundi sur fond de quasi-paralysie d’Ormuz.
L’enjeu énergétique reste majeur : selon l’Agence internationale de l’énergie, près de 15 millions de barils par jour de pétrole brut ont transité par Ormuz en 2025, soit près de 34 % du commerce mondial de brut. L’AIE estime aussi que plus de 112 milliards de m3 de GNL y sont passés en 2025, soit près de 20 % des échanges mondiaux de gaz naturel liquéfié.
Bandar Abbas, Qeshm et Ahvaz visés par les frappes
Les autorités iraniennes ont fait état de bombardements durant la journée puis dans la nuit de mardi à mercredi, notamment à Bandar Abbas et sur l’île de Qeshm, deux points proches du détroit d’Ormuz, ainsi qu’à Ahvaz, dans le sud-ouest du pays. Il s’agit de la quatrième nuit consécutive de frappes américaines.
À Téhéran, Hossein, un vendeur de 43 ans, a décrit un pays installé dans la guerre : « Il est certain que cela ne fait pas du bien de voir son pays en guerre ». Il a ajouté : « Mais je pense que c’est le droit naturel de chaque pays de se défendre lorsque son intégrité territoriale est attaquée ».
L’Iran a poursuivi ses représailles contre des installations américaines, dont une base militaire accueillant des avions de combat en Jordanie, selon l’agence officielle Irna. Le Koweït avait déjà été touché plus tôt mardi par des frappes iraniennes qui ont blessé quatre militaires koweïtiens.
Le trafic maritime reste sous forte pression
Dans le détroit d’Ormuz et dans ses approches, le trafic maritime s’est raréfié. Plusieurs pétroliers ont été attaqués depuis lundi soir, avec au moins deux morts et plusieurs blessés, selon l’Organisation maritime internationale.
L’OMI avait déjà recensé, dans un point publié en juin 2026, 46 attaques contre le transport maritime international dans la zone d’Ormuz depuis le 28 février, avec 14 marins tués. La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement a estimé le 30 juin 2026 que 61 économies vulnérables étaient exposées simultanément à des chocs sur les importations de pétrole et de céréales liés aux perturbations d’Ormuz.
L’ONU a alerté mardi sur les « graves conséquences socio-économiques et humanitaires » du blocage d’une voie maritime dont dépendent des millions de personnes pour l’approvisionnement en nourriture, médicaments et biens essentiels. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a prévenu les dirigeants iraniens qu’une attaque entraînerait une riposte « beaucoup plus puissante » que celle du début de l’année, tandis qu’Israël n’a pas participé aux frappes américaines signalées mardi.