Brent et WTI cèdent du terrain
Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août a terminé en baisse de 4,76 %, à 83,17 dollars, après un plus bas intraday à 82,40 dollars. Le mouvement reflète un ajustement rapide des anticipations d’offre disponible.
Aux États‑Unis, le West Texas Intermediate (échéance juillet) a reculé de 4,87 % à 80,75 dollars, après un passage sous 80 dollars en séance, une première depuis la mi‑mars. La correction a concerné l’ensemble de la courbe, avec un marché orienté par le risque géopolitique.
« L’optimisme du marché pétrolier quant à la conclusion d’un accord s’est avéré justifié », résume Gregory Brew, analyste chez Eurasia Group.
Ormuz, calendrier de réouverture et contraintes logistiques
Dimanche 14 juin, l’Iran et les États‑Unis ont convenu de mettre fin à près de quatre mois de guerre. Le président américain Donald Trump a indiqué que le détroit d’Ormuz serait « complètement ouvert » vendredi 19 juin, date prévue de la signature de l’accord à Genève. « Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots ! », s’est‑il félicité sur son réseau Truth Social.
Près d’un cinquième du pétrole mondial transitait par le détroit d’Ormuz avant le conflit, artère stratégique dont la sécurisation conditionne la normalisation des flux. Malgré l’annonce, Gregory Brew prévient que « la réouverture du détroit devrait être un processus de longue haleine », les opérations de déminage et de sécurisation ne devant véritablement débuter qu’après la signature officielle.
Au‑delà de la navigation, la chaîne physique doit se rééquilibrer. « Les stocks doivent maintenant être reconstitués, de nouvelles réserves stratégiques pourraient devoir être formées, et il existe une demande différée », explique Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management, évoquant un redéploiement graduel des cargaisons et des stocks commerciaux.
Aux États‑Unis, la réserve stratégique (SPR) a atteint, au 12 juin, 340,3 millions de barils, son plus bas niveau depuis juillet 1983, selon un document du ministère de l’Énergie consulté par l’AFP. Elle s’élevait à 415 millions de barils fin février, illustrant l’ampleur des volumes mobilisés pour amortir la hausse des prix.