Les prix du pétrole chutent de plus de 3% avant la réunion de l'OPEP+, sur fond de craintes de récession

  • AFP
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Les prix du pétrole ont poursuivi leur baisse jeudi, déprimés par les craintes de récession et les restrictions anti-Covid en Chine, en attendant la réunion des pays exportateurs de l'Opep+.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre, dont c'est le premier jour d'utilisation comme contrat de référence, a perdu 3,42% à 92,36 dollars.

Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en octobre a lâché 3,19% à 86,69 dollars le baril, s'éloignant encore davantage de la barre des 90 dollars.

Les deux références mondiales du brut ont connu en août leur troisième baisse de prix mensuelle consécutive, pâtissant des perspectives économiques sombres.

De nombreuses grandes Banques centrales "continuent de resserrer agressivement leur politique monétaire et de nouvelles épidémies de Covid dans les grandes villes chinoises de Shenzhen, Guangzhou et Dalian ont placé des millions de personnes sous le coup d'un confinement strict", résume John Plassard, analyste chez Mirabaud.

"La Chine est le principal point d'interrogation pour les perspectives de la demande de brut et il semble que la dynamique de réouverture demeure insaisissable", commentait Edward Moya de Oanda.

L'activité manufacturière du pays, grand importateur de brut, s'est effondrée en août, lestée par les restrictions anti-Covid et une canicule sans précédent qui a entraîné des pénuries d'électricité, selon un indice indépendant publié jeudi.

"Décrire la tendance du marché comme violente, volatile ou incertaine est devenu un cliché, mais cela ne rend pas cette déclaration moins exacte", soulignait Tamas Varga, de PVM Energy, rappelant que des forces contraires s'affrontent depuis des semaines sur le marché pétrolier.

Réunion lundi

Les investisseurs attendent désormais lundi la réunion des ministres de l'Energie des membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+), pour que l'alliance décide de sa politique de production.

Aux Etats-Unis, les marchés seront fermés lundi pour observer le jour férié de la fête du travail (Labor Day).

"Le ministre saoudien de l'Energie a déclaré que le cartel pourrait réduire sa production si l'Iran conclut un accord nucléaire avec l'Occident et rétablit ses exportations", rappelait John Plassard. Car d'un retour de l'accord iranien résulterait la levée de certaines sanctions contre Téhéran.

La baisse des cours du brut s'inscrivait aussi dans un contexte de hausse du dollar et de fort repli de la Bourse de New York. "Si septembre s'avère un bain de sang à Wall Street, les prix du brut pourraient tomber autour de 80 dollars", a averti M. Moya.

Sur le marché du gaz naturel, le contrat à terme du TTF néerlandais, référence européenne, s'échangeait à 250 euros le mégawattheure (MWh), repartant à la hausse en fin de séance avec l'interruption des livraisons russes via le gazoduc Nord Stream 1.

"Si les flux russes de Nord Stream reprennent aux niveaux actuels après la maintenance de trois jours en septembre, l'Europe pourrait être en mesure de passer cet hiver et le suivant sans réduction de la demande", estimait néanmoins Massimo Di Odoardo, analyste chez Wood Mackenzie.

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