Aramco visé sur la côte saoudienne de la mer Rouge

L’agence de presse Saba, contrôlée par les rebelles, a rapporté qu’une source militaire houthie affirmait avoir ciblé la raffinerie d’Aramco à Jazan, dans le sud-ouest de l’Arabie saoudite. Selon cette même source, plusieurs drones auraient été employés contre le site, présenté par les Houthis comme une riposte à des « violations de l’espace aérien » au Yémen.

Jazan occupe une position sensible sur la façade saoudienne de la mer Rouge, à proximité du théâtre yéménite. Dans son rapport annuel 2025, Saudi Aramco attribue à cette raffinerie une capacité de raffinage brute de 400 000 barils par jour et une détention à 100 % par le groupe saoudien.

Les Houthis avaient déjà revendiqué la semaine précédente une frappe contre cette même installation. La nouvelle annonce n’est pas présentée comme une opération isolée, mais comme un volet supplémentaire de la pression exercée par les rebelles contre l’Arabie saoudite, soutien du gouvernement yéménite internationalement reconnu.

La trêve de 2022 a cédé sous l’escalade régionale

La trêve conclue en 2022 entre les Houthis et le gouvernement yéménite soutenu par Ryad s’est effondrée en juillet, dans le prolongement de la guerre entre les États-Unis et l’Iran. La reprise des hostilités a été nourrie par des frappes attribuées à l’Arabie saoudite contre l’aéroport de Sanaa, capitale contrôlée par les Houthis.

Selon les éléments rapportés, l’Iran avait envoyé vers Sanaa un avion transportant une délégation rebelle sans demander l’autorisation de Ryad, qui contrôle l’espace aérien yéménite. Cette séquence a précédé une multiplication d’attaques houthies contre des infrastructures et des navires saoudiens.

Les rebelles ont aussi annoncé un blocus visant la flotte du royaume en mer Rouge. Cette voie maritime a gagné en importance pour les hydrocarbures depuis que le détroit d’Ormuz, situé de l’autre côté de la péninsule arabique, est verrouillé par l’Iran.

Le front yéménite menace de basculer à nouveau

Au Yémen, les Houthis ont lancé le 6 août leurs offensives les plus meurtrières depuis plusieurs années. Ces attaques ont fait 58 morts parmi les forces gouvernementales, principalement dans la province de Marib, au centre du pays.

Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé lundi les parties au conflit à « cesser immédiatement » toute offensive. Il a averti du risque de retour à « un conflit à grande échelle », alors que les combats internes et les frappes transfrontalières se renforcent.

La guerre du Yémen a commencé en 2014 et a provoqué des centaines de milliers de morts. Le pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, reste plongé dans une grave crise humanitaire.