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Les risques de la créosote vont être expertisés chez RTE en Auvergne

  • AFP
  • parue le

Une expertise va être menée pour évaluer les risques encourus par les salariés de RTE en Auvergne et dans la Loire travaillant sur des poteaux en bois traités à la créosote, du goudron de houille soupçonné d'être cancérogène, ont indiqué mardi des sources concordantes.

La décision a été prise lundi lors d'une réunion extraordinaire du Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) Auvergne et Forez-Velay de l'entreprise gestionnaire du réseau de transport d'électricité haute tension. Depuis plusieurs semaines, les élus du personnel et la direction s'opposaient sur le périmètre de l'expertise à mener, au point de porter l'affaire devant la justice. Les procédures entamées seront finalement abandonnées à la faveur de l'accord trouvé.

Le périmètre de l'expertise, que les représentants des salariés souhaitaient le plus large possible, se limitera aux Groupements de maintenance réseau (GMR) d'Auvergne et du Forez-Velay, où se concentrent 80% des poteaux en bois encore présents sur le parc de RTE, composé en très grande majorité de pylônes métalliques. "RTE est favorable à cette expertise indépendante pour répondre aux interrogations des salariés", souligne l'entreprise.

"C'est dommage de ne pas aller plus loin", regrette pour sa part Didier Audouard, secrétaire du CHSCT. "On avait longuement travaillé en amont et on voulait aller voir chez Enedis (le gestionnaire du réseau basse tension, ndlr) qui utilise beaucoup plus de poteaux en bois que nous, pour permettre une véritable étude épidémiologique spécifique au travail sur poteaux bois."

La demande d'expertise était venue sur la table en février après la mort d'un salarié atteint d'un cancer à 56 ans, le quatrième décès survenu récemment parmi les équipes locales, selon M. Audouard. Depuis 2013, en vertu de nouvelles règlementations, les "lignards" de RTE sont équipés de combinaisons de protection. Dès 2001, une directive européenne, transposée en droit français en 2003, avait alerté sur un risque cancérogène de ce conservateur du bois "supérieur au niveau estimé initialement", en réduisant fortement les taux maximum d'exposition autorisés.


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