Les syndicats de l'énergie mènent jeudi leur troisième journée de mobilisation en un mois, appelant à "un débat politique et démocratique" sur l'avenir du secteur en France, notamment sur le très contesté projet "Hercule" de scission d'EDF en trois entités.

Des barrages filtrants ont été mis en place tôt jeudi dans plusieurs sites d'EDF et d'Engie, ainsi qu'une opération escargot au Havre (Seine-Maritime), ont assuré les syndicats. Le nucléaire était particulièrement touché avec une baisse de production de 7 000 mégawatts à 11h00 selon Sébastien Menesplier, secrétaire général de la fédération nationale Mines Énergie CGT.

Chez EDF, les syndicats espèrent approcher les chiffres atteints lors des deux premières journées de mobilisation, le 26 novembre (suivie par 31,56% des salariés) et le 10 décembre (32,4%).

Dans un communiqué, l'interfédérale (CGT, CFE-CGC, CFDT, FO) alerte sur "la destruction du service public de l'énergie" marquée notamment selon elle par le projet "Hercule".

Celui-ci prévoit de scinder EDF en trois entités : une entreprise publique (EDF bleu) pour les centrales nucléaires, une autre (vert) cotée en Bourse pour la distribution d'électricité et les énergies renouvelables et une troisième (azur) qui coifferait les barrages hydroélectriques dont les concessions seraient remises en concurrence sous la pression de Bruxelles. "On fait fausse route, ce projet est très dangereux pour l'avenir énergétique du pays", souligne Sébastien Michel, secrétaire fédéral CFDT. "Ca peut être dramatique pour le consommateur", ajoute-t-il.

Les syndicats déplorent en outre la fermeté de la direction d'EDF et l'impossibilité de dialogue social. "Tout se fait dans la plus grande opacité, c'est dramatique", regrette Sébastien Michel. Mercredi, les six administrateurs salariés au comité d'administration d'EDF ont déploré ce manque de dialogue: "Nous ne pouvons accepter de n'avoir qu'une seule solution préformatée en toute opacité", ont-ils écrit dans une déclaration commune.

L'interfédérale peut compter dans sa lutte sur le soutien des oppositions parlementaires, de gauche comme de droite. Mardi, la cheffe des députés PS, Valérie Rabault, a proposé un référendum d'initiative partagée (RIP) sur ce projet, craignant elle aussi le "démantèlement" d'EDF.

La semaine dernière, des députés des principaux groupes d'opposition se sont joints à une conférence de presse des élus communistes, vent debout contre "Hercule".

Si la direction campe sur ses positions, les syndicats assurent vouloir continuer le combat à la rentrée, avec de nouvelles mobilisations dès les premières semaines de 2021. Et leur ambition est fixe: "On ne veut pas négocier sur ce projet, on veut son abandon", affiche Sébastien Menesplier.

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