Le groupe italien Eni a vu sa production de pétrole brut diminuer par deux en Libye, où une partie des champs sont bloqués par des groupes alliés au maréchal Khalifa Haftar, a indiqué jeudi son patron, Claudio Descalzi.

"Nous sommes autour de 150.000-160.000 barils par jour alors qu'avant nous étions à 300.000", a-t-il déclaré lors de l'inauguration d'un super-calculateur.

Il a évoqué une situation "très difficile" dans le pays.

Il a dit que le groupe était préoccupé "pour la population et pour l'intégrité" de ses infrastructures.

"Si nous ne revenons pas à la situation d'il y a un mois, le pays risque l'effondrement et la paralysie", a encore déclaré M. Descalzi.

Mercredi, la compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) a indiqué que la Libye avait perdu près d'un milliard de dollars en raison du blocage depuis trois semaines des plus importants champs et terminaux pétroliers du pays.

Du 18 janvier - date du blocage par des groupes alliés au maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'Est libyen, des principaux terminaux pétroliers de l'est du pays - jusqu'au 3 février, "la production est passé de plus de 1,2 million à 187.000 barils par jour", a indiqué la NOC.

L'arrêt des exportations d'or noir, qui représentent quasiment l'unique source de revenu pour les Libyens, est décrite par les pro-Haftar comme une mesure de protestation contre l'intervention turque en soutien au Gouvernement d'union nationale (GNA), basé à Tripoli et reconnu par l'ONU.

De son côté, le maréchal Haftar est soutenu notamment par la Russie, les Emirats arabes unis et l'Egypte, et mène depuis le 4 avril une offensive pour s'emparer de Tripoli.

L'ONU, les ambassades des Etats-Unis, du Royaume-Uni ainsi que de la délégation de l'Union européenne en Libye ont appelé à la reprise "immédiate" des opérations pétrolières, mettant en garde contre le risque d'une aggravation de la situation humanitaire en Libye.