Une vanne fermée sur l’axe Hamada-Zawiya

La Compagnie nationale de pétrole libyenne (NOC) a indiqué que la fermeture avait eu lieu mardi 15 septembre au matin sur le principal oléoduc reliant al-Hamada, à environ 350 km au sud-ouest de Tripoli, à Zawiya, dans le nord-ouest du pays. La NOC attribue cette opération à des hommes affiliés aux Gardes des installations pétrolières, les GIP, et la qualifie d’illégale. Selon l’entreprise publique, la manœuvre a provoqué une montée brutale de pression au niveau du champ d’al-Tahara. La production et les opérations ont été arrêtées sur al-Hamada (NC8), al-Tahara (NC4) et la station NC5.

La NOC n’a pas précisé le volume de production affecté ni les raisons de l’action menée par les GIP. Elle a averti qu’elle « serait contrainte de déclarer la force majeure » si la fermeture se prolongeait, en demandant aux autorités libyennes d’« assumer pleinement leurs responsabilités pour résoudre cette crise ».

Dans le secteur pétrolier, l’état de force majeure est invoqué lorsque des circonstances exceptionnelles empêchent l’exécution normale des engagements contractuels. Pour la NOC, il permettrait de s’exonérer de responsabilité en cas de défaut de livraison de pétrole lié au blocage. La NOC n’a pas annoncé, mardi 15 septembre, de calendrier de reprise pour al-Hamada, al-Tahara et la station NC5.

Les plus grandes réserves prouvées de pétrole d'Afrique

Les champs du Sud-Ouest alimentent les terminaux et la raffinerie de Zawiya, infrastructure clé pour l’approvisionnement du nord du pays. La Libye détenait 48 milliards de barils de réserves prouvées de pétrole au début de 2024, soit 41 % du total africain, selon l’Energy Information Administration américaine (EIA).

Les Gardes des installations pétrolières rassemblent des militaires et des civils chargés de protéger les sites pétroliers libyens. Ce corps a déjà été associé à des fermetures et à des blocus, souvent motivés par des revendications sociales ou salariales.

La crise actuelle intervient dans un pays dont les institutions restent fragmentées depuis la chute et la mort de Mouammar Kadhafi en 2011. Deux exécutifs se disputent le pouvoir : le gouvernement dirigé à Tripoli par le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah, reconnu par l’ONU, et une autorité installée dans l’Est, sous l’influence du maréchal Khalifa Haftar et de son clan.