Un pilote ferroviaire dans l’Haryana
Le convoi relie Jind à Sonipat, dans l’État de l’Haryana, au nord de l’Inde, sur une section de 89 kilomètres. Il utilise une propulsion par piles à combustible alimentées en hydrogène, avec une puissance annoncée de 1 200 kilowatts.
Selon le Bureau d’information de presse du gouvernement indien, le train approuvé par Indian Railways compte 10 voitures et doit circuler à une vitesse maximale de 75 km/h sur cette section du réseau Northern Railway. Le départ du premier service a été donné à Jind par le Premier ministre Narendra Modi.
« C’est un jour très important pour l’autonomie et le développement durable de l’Inde », a écrit Narendra Modi sur X. Le ministère indien du Transport ferroviaire a présenté le train comme « entièrement développé en Inde », tout en indiquant que plusieurs composants, dont les piles à combustible, avaient été importés.
Une infrastructure dédiée au ravitaillement
Le projet repose aussi sur une capacité de ravitaillement installée à Jind. Un réservoir d’hydrogène de près de 3 tonnes y a été construit afin d’assurer l’alimentation régulière du train.
Un haut responsable ferroviaire a évalué le coût du projet à près de 12 millions de dollars. Cette facture dépasse nettement celle d’un matériel comparable fonctionnant au diesel ou avec une motorisation électrique conventionnelle.
L’Inde rejoint ainsi des pays qui ont déjà testé ou exploité des trains à hydrogène, notamment la Chine, les États-Unis et l’Allemagne. Cette technologie vise en priorité les lignes où l’électrification classique par caténaire est jugée coûteuse, complexe ou moins pertinente au regard des usages.
Un réseau massif à moderniser
Le lancement s’inscrit dans un programme plus large de modernisation du réseau ferroviaire indien, hérité en partie de la période coloniale britannique. Le train à grande vitesse indien, retardé depuis plusieurs années, doit désormais entrer en service en 2027.
Le pays dispose de l’un des plus grands réseaux ferroviaires au monde, avec 85 000 kilomètres de rails. Durant l’exercice 2025-2026, Indian Railways a transporté 7,41 milliards de passagers et 1,67 milliard de tonnes de marchandises, selon les chiffres communiqués par le ministère indien des Chemins de fer.
Le rail reste un outil central pour les mobilités et la logistique dans un pays d’environ 1,5 milliard d’habitants. La décarbonation de ce système dépend toutefois du contenu carbone de l’électricité et de l’origine de l’hydrogène utilisé.
Un signal dans une économie encore très charbonnée
L’Inde, troisième émetteur mondial de gaz à effet de serre derrière la Chine et les États-Unis, vise la neutralité carbone en 2070. En 2025, environ les trois quarts de sa production d’électricité reposaient encore sur le charbon, selon les données utilisées par les autorités indiennes dans leurs scénarios énergétiques.
Dans des travaux publiés en février 2026, NITI Aayog estime que la part de l’électricité dans la consommation finale d’énergie pourrait atteindre 60% en 2070, contre 21% en 2025. Le même organisme public indique que l’électricité, les biocarburants et l’hydrogène pourraient couvrir près de 90% de la demande énergétique du transport à cet horizon.
La récente guerre au Moyen-Orient a rappelé la dépendance persistante de l’Inde aux approvisionnements en pétrole et en gaz. Le train de Jind à Sonipat reste à ce stade un projet pilote, avec des composants critiques importés et un coût supérieur aux solutions ferroviaires diesel ou électriques classiques.