Un accord de principe pour Mangalore

Oil and Natural Gas Corporation a indiqué jeudi 9 juillet, dans une communication boursière, que son conseil d’administration avait « donné son accord de principe à la mise en place de réserves stratégiques de pétrole d'une capacité de 1,75 million de tonnes, dans le cadre d'un projet d'importance nationale ». Le site retenu se situe dans la région de Mangalore, dans le sud de l’Inde.

Le ministère indien du Pétrole indiquait le 20 mars 2025 que l’Inde disposait déjà de 5,33 millions de tonnes de réserves stratégiques de brut, réparties entre Vishakhapatnam (1,33 million de tonnes), Mangaluru (1,5 million de tonnes) et Padur (2,5 millions de tonnes). Le gouvernement avait aussi approuvé en juillet 2021 deux installations supplémentaires à Chandikhol, dans l’Odisha, et à Padur, dans le Karnataka, pour une capacité totale de 6,5 millions de tonnes.

Le choc d’Ormuz accélère la réponse indienne

L’Inde, troisième importateur mondial de pétrole et deuxième acheteur de gaz de pétrole liquéfié, a subi des perturbations importantes après les restrictions de navigation dans le détroit d'Ormuz liées au conflit entre les États-Unis et l’Iran. Cette dépendance aux flux maritimes du Golfe a placé la sécurité d’approvisionnement au centre des arbitrages énergétiques de New Delhi.

Le ministère indien du Pétrole a indiqué le 27 mai 2026 que le pays disposait d’une capacité de raffinage installée de 258,1 millions de tonnes par an dans 22 raffineries opérationnelles. La consommation intérieure de produits pétroliers a atteint 243,2 millions de tonnes sur l’exercice 2025-2026, tandis que les exportations de produits raffinés se sont élevées à 61,5 millions de tonnes sur la même période.

New Delhi a traversé la crise en élargissant son portefeuille d’approvisionnement en brut, passé de 27 à 41 pays fournisseurs. Cette diversification a inclus des importations depuis l’Iran et le Venezuela, des achats accrus à la Russie et des volumes provenant de plusieurs pays africains.

La production nationale reste limitée

Le ministre indien du Pétrole et du Gaz naturel, Hardeep Singh Puri, avait déclaré la semaine précédente que l’Inde cherchait activement de nouvelles options de production intérieure. « Nous investissons massivement des ressources budgétaires dans l'exploration pétrolière et gazière, avec un programme de 10 milliards de dollars », avait-il précisé.

La production nationale de pétrole brut s’est élevée à 25,98 millions de tonnes au cours de l’exercice 2025-2026, selon le ministère du Pétrole. Ce volume ne couvre que 10 % des besoins indiens en brut, soit environ 522 000 barils par jour, contre un pic supérieur à 900 000 barils quotidiens atteint en 2011.

Les achats indiens de pétrole russe ont déjà suscité des critiques à Washington et dans plusieurs capitales européennes. Leurs détracteurs estiment que ces flux contribuent au financement de la guerre menée par Moscou contre l’Ukraine.