Un engagement sur la liberté de navigation

Le président indonésien Prabowo Subianto a évoqué le sujet à Jakarta avec le Premier ministre singapourien Lawrence Wong, dans un contexte de forte tension sur les routes pétrolières asiatiques. Le détroit de Malacca, bordé par l’Indonésie, la Malaisie, Singapour et la Thaïlande, constitue l’un des principaux axes mondiaux de transport maritime d’hydrocarbures.

Prabowo Subianto a déclaré que l’Indonésie et Singapour « ont intérêt à ce que le détroit de Malacca reste une voie de passage libre ». Il a ajouté que Jakarta poursuivrait sa coordination avec Kuala Lumpur et Bangkok afin que le détroit demeure « ouvert à tous, sûr et accessible ». Lawrence Wong a également défendu le maintien d’un accès sans entrave au détroit. Selon le chef du gouvernement singapourien, Singapour et l’Indonésie entendent respecter la liberté de navigation et les droits de passage prévus par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.

Malacca concentre les plus grands flux pétroliers maritimes

Selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), le détroit de Malacca a vu transiter 23,2 millions de barils par jour de pétrole et autres liquides au premier semestre 2025, soit 29 % des flux pétroliers maritimes mondiaux. L’EIA le classe comme le premier point de passage pétrolier au monde en volume de transit. Cette position explique la sensibilité politique d’une éventuelle tarification du passage. En avril, le ministre indonésien des Finances Purbaya Yudhi Sadewa avait évoqué l’idée de facturer la traversée du détroit aux navires, avant d’abandonner cette proposition.

Le rappel public de Jakarta et Singapour intervient alors que l’Asie du Sud-Est subit les effets de la hausse des prix du pétrole provoquée par la guerre au Moyen-Orient. Les flux via Malacca alimentent notamment les marchés d’Asie orientale, très dépendants des importations maritimes de brut et de produits pétroliers.

Ormuz reste au centre des négociations avec l’Iran

Samedi, l’ambassadeur d’Iran à Pékin a affirmé que des frais seraient imposés aux navires transitant par le détroit d’Ormuz, tout en indiquant que les pays « amis » bénéficieraient d’un traitement « spécial ». Le détroit d’Ormuz concentre en temps de paix environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel échangés dans le monde.

Le passage d’Ormuz a été largement bloqué après le déclenchement des frappes israélo-américaines contre l’Iran le 28 février, ce qui a contribué à la flambée des prix de l’énergie. Téhéran a levé ce blocus après la signature, le 17 juin, d’un protocole d’accord avec les États-Unis. Des discussions se poursuivent sur un règlement permanent du conflit. La perspective d’un droit de passage à Ormuz renforce l’attention portée aux autres couloirs maritimes stratégiques, dont Malacca, point d’entrée majeur des hydrocarbures vers l’Asie orientale.